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Quand le temps presse pour trouver des travailleurs

Les agences de placement offrent des solutions à condition d’y mettre le prix

Selon Maxime Guertin, la pénurie de main-d’œuvre a eu pour effet de faire exploser les salaires. Aujourd’hui, un plongeur peut gagner 21 $/l’heure, logé et nourri, dit-il.
Photo Jean-François Desgagnés Selon Maxime Guertin, la pénurie de main-d’œuvre a eu pour effet de faire exploser les salaires. Aujourd’hui, un plongeur peut gagner 21 $/l’heure, logé et nourri, dit-il.

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Les agences de placement sont comme les urgences dans les hôpitaux. Les employeurs s’y réfèrent en dernier recours pour combler des besoins immédiats de main-d’œuvre.

Dès qu’il ouvre ses ordinateurs, Maxime Guertin, conseiller gestionnaire de ressources humaines à l’agence GerPlus de Québec, voit défiler les demandes. Plusieurs entrent durant la nuit et au petit matin de la part d’employeurs qui sont mal pris.

Les clients qui ont recours au service de dépannage viennent d’un peu partout au Québec. Ils proviennent pour la plupart du milieu de la restauration et de l’hôtellerie.

« Les entreprises nous communiquent leurs besoins, et nous, on soumet des appels d’offres à notre banque de candidats, qui contient plusieurs centaines de noms », résume M. Guertin.

« Notre plus gros cheval de bataille, c’est le départ des chefs cuisiniers avec ou sans avertissement. Les employeurs s’adressent à nous jusqu’à ce qu’ils trouvent quelqu’un. J’ai des clients qui sont dans cette situation depuis des années », lance-t-il.

En claquant des doigts

En se tournant vers une agence de placement, les employeurs obtiennent un travailleur en « claquant des doigts », mais à condition d’en payer le prix.

« C’est beaucoup plus rapide pour un employeur que de procéder par un affichage de poste. C’est fréquent que les demandes soient pour la journée même ou le lendemain. »

Pour dénicher de la main-d’œuvre, GerPlus utilise entre autres les réseaux sociaux et offre des incitatifs. L’entreprise donne 100 $ à un travailleur qui en réfère un autre. Elle assume aussi les cotisations pour la CNESST.

« La seule façon pour nous d’avoir des gens sur appel, c’est de payer au-dessus du marché. C’est ça, la clé. Sinon, on n’aurait pas plus de candidats que les entreprises qui sont en difficulté. »

Plongeurs à 21 $/l’heure

Des plongeurs ont été placés récemment par l’agence à 21 $/l’heure dans un grand hôtel de la région de Québec, où ils sont logés et nourris aux frais de l’employeur. Ce taux horaire ne tient pas compte des frais de l’agence, qui s’ajoutent à la facture du client.

Certains employeurs sont au bord des larmes lorsqu’ils contactent M. Guertin, qui possède des clients dans l’ensemble du Québec.

« Quand c’est à l’extérieur des centres urbains, c’est encore plus difficile de recruter. Il y a plusieurs entreprises qui ferment une ou deux journées par semaine parce qu’elles n’ont pas le personnel. Ce n’est pas par choix. »

GerPlus, fondée en 2005 par Steeve Harrison, qui était restaurateur à l’époque, veut prendre de l’expansion à l’échelle canadienne. Elle compte aussi desservir les établissements publics de santé qui ont un grand besoin de préposés.


► Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés s’y préparent.

► Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à diane.tremblay@quebecormedia.com