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Du théâtre d’été qui fait bande à part

L'embardée
Photo courtoisie, Junior Bombardi Pierre-François Legendre et Louis-Olivier Mauffette dans L’embardée.

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À ceux qui prétendent que le théâtre d’été fait toujours dans la comédie, voilà que la pièce L’embardée fait bande à part. Bien loin du burlesque, cette pièce d’Emmanuel Reichenbach, qui ne fait pas non plus dans la comédie noire, est plutôt dramatique avec même un goût amer.

Après avoir été présentée à Victoriaville une partie de l’été voilà que la pièce, L’embardée, mettant en vedette Pierre-François Legendre, Geneviève Rochette, Louis-Olivier Mauffette et Luc Boucher, vient de déménager au Zénith sur la couronne nord de Montréal.

D’emblée, le rideau se lève avec un décor morbide. Nous sommes dans un salon mortuaire, où deux frères, qui n’ont rien en commun, viennent rendre un dernier hommage à leur père, un important homme d’affaires à la tête d’une compagnie de courtage, décédé tragiquement dans un accident de voiture. L’un de ses fils, Maxime (Pierre-François Legendre) qui semble jouir d’une belle fortune travaille au sein de l’entreprise familiale, en tant que conseiller financier, tandis que son frère, Benjamin, (Louis-Olivier Mauffette) qui vit dans l’Ouest du pays est un artiste qui peine à joindre les deux bouts et ne connaît strictement de la finance.

Puis, avant même le début du service, la maîtresse du défunt, Jade, (Geneviève Rochette) s’invitera pour jouer les trouble-fête.

Si celle-ci est une pure inconnue aux yeux des deux frères, elle aura vite fait de leur faire comprendre qu’elle avait un lien privilégié avec leur père et qu’elle a droit à une compensation financière. De surcroît, elle détient des informations embarrassantes, voire compromettantes, au sujet du défunt et de son entreprise. En peu de temps, on comprendra que tant le père que le fils sont des bandits à cravate.

Un suspense

Les comédiens Pierre-François Legendre et Louis-Olivier Mauffette tirent bien leur épingle du jeu par le biais d’une joute verbale, où l’intrigue se dessine et s’intensifie peu à peu, à mesure que la pièce avance. Surtout, on comprend que l’auteur Emmanuel Reichenbach a voulu, en quelque sorte dénoncer les financiers qui utilisent les paradis fiscaux pour servir leur propre intérêt.

Sans être un grand suspense, car on devine assez rapidement ce qui surviendra, la pièce pique suffisamment bien la curiosité pour que l’on demeure assis afin de connaître la suite des événements.

Si le texte réserve quelques belles surprises, la mise en scène de Jean-Simon Traversy est des plus réservées.


L’embardée, à l’affiche jusqu’au 24 août au Zénith (Saint-Eustache)