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Le pavillon d’une fédération est à louer pour 413 $ la nuit sur Airbnb

Le président dit ne pas s’être construit une résidence aux frais des membres

Le Pavillon des inventeurs, d’une valeur de 614 600 $, a été construit en 2017 sur la rue du Pont, à Shefford.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Le Pavillon des inventeurs, d’une valeur de 614 600 $, a été construit en 2017 sur la rue du Pont, à Shefford.

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Le président de la Fédération des inventeurs du Québec, visé par des poursuites, un recours collectif, et accusé de fraude, loue le nouveau pavillon de l’organisme pour 413 $ la nuit.

Christian Varin confirme sans détour que le bâtiment, construit à Shefford, dans les Cantons-de-l’Est, en 2017, est à louer sur la plateforme airbnb.ca. Il réfute toutefois le fait que ce soit pour s’enrichir, comme l’avance une poursuite de 1,1 million $ déposée la semaine dernière au palais de justice de Montréal.

« Tous les revenus vont directement dans le compte de la Fédération », a expliqué M. Varin au Journal, plaidant qu’il valait mieux louer la bâtisse appartenant à l’organisme à but non lucratif que la laisser vide tout l’été.

La Fédération des inventeurs du Québec doit normalement veiller à la promotion et la protection des inventions, notamment par l’acquisition de brevets. Elle est toutefois sur la sellette depuis plusieurs mois, car des clients l’accusent de n’être qu’une coquille vide administrée par un seul homme et utilisée pour frauder.

Un salon du pavillon, dont l’annonce sur Airbnb mentionne une maison entière pour 15 voyageurs, cinq chambres, 11 lits et 4,5 salles de bain.
Photo tirée de Airbnb
Un salon du pavillon, dont l’annonce sur Airbnb mentionne une maison entière pour 15 voyageurs, cinq chambres, 11 lits et 4,5 salles de bain.

614 600 $

M. Varin se défend d’avoir voulu se construire une résidence secondaire avec l’argent des membres. Le pavillon, évalué à 614 600 $ selon la municipalité, est en effet construit sur un terrain appartenant à son conjoint, Sylvain Riendeau.

La particularité du bail est que la propriété sera transférée à M. Riendeau au bout de 20 ans. M. Varin affirme avoir pris ce genre d’entente pour économiser le coût d’un terrain.

« On n’a pas besoin de ça, on a une maison à Montréal », explique l’homme de 62 ans, qui se dit victime d’une campagne de salissage orchestrée par un compétiteur.

L’avocat Vincent Langlois, qui représente d’anciens clients de M. Varin, parle plutôt d’un « stratagème immobilier ».

« Cet immeuble est un des rares actifs de la Fédération. Il est presque insaisissable théoriquement, parce qu’au point de vue juridique, le propriétaire du terrain n’est pas lié à la Fédération, même s’il est lié à Christian Varin », affirme-t-il.

La piscine intérieure est l’un des attraits de la résidence.
Photo tirée de Airbnb
La piscine intérieure est l’un des attraits de la résidence.

Poursuite

Ces révélations sont mentionnées dans une nouvelle poursuite intentée la semaine dernière par un couple de Sept-Îles se disant floué par M. Varin.

Nadya Leclerc et Stéphane Lebel ont créé des petites housses, à mettre sur le dossier de sa chaise dans le sud pour la réserver, avec des dessins festifs et l’appellation « C’est ma place ».

Ils ont fait appel à M. Varin en octobre 2016 pour faire breveter leur invention, qui était selon eux, un coup de circuit assuré. Ils ont obtenu un brevet provisoire, mais affirment avoir perdu leur brevet permanent à cause de la négligence de M. Varin. Ils le poursuivent pour 1,1 M$.