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Le transport, l’autre grand défi du pèlerinage à La Mecque

Le transport, l’autre grand défi du pèlerinage à La Mecque
AFP

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Le grand pèlerinage musulman à La Mecque constitue un défi pour l’Arabie saoudite qui doit gérer des flux de fidèles en un laps de temps très court.

«Nous avons atteint cette année près de 2,5 millions de pèlerins. Transporter tous ces pèlerins est un défi», explique le ministre saoudien des Transports Nabil al-Amoudi dans un entretien à l’AFP.  

Selon lui, «7400 avions transportant des pèlerins sont arrivés cette année via les aéroports de Jeddah et Médine» et «plus de 18 000 bus ont été mobilisés» pour le hadj, l’un des cinq piliers de l’islam que tout musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens. 

Considéré comme l’un des plus grands rassemblements au monde, le hadj est un ensemble de rites codifiés et inchangés depuis quatorze siècles qui se déroulent, cinq jours durant, entre la ville sainte de La Mecque et des vallées et collines environnantes, dans l’ouest du royaume. 

Un métro reliant trois étapes du hadj doit transporter cette année «360 000» fidèles, un «record» selon le ministre saoudien. Cette ligne inaugurée en 2010 a la particularité de ne fonctionner que cinq jours par an. 

Sur les 2,49 millions de pèlerins qui effectuent le hadj cette année (du 9 au 14 août), l’écrasante majorité arrive par les airs et quelques milliers seulement par voie maritime ou terrestre.  

Même si cette étape n’est pas obligatoire, de nombreux pèlerins se rendent également à Médine, l’autre ville sainte de l’islam en Arabie saoudite.  

Fin septembre, un train à grande vitesse reliant La Mecque à Médine en 2h30 contre 5 heures auparavant a été inauguré.  

Pour le hadj en cours, ce TGV, baptisé Haramain, transportera pour la première fois des pèlerins, «entre 20 000 et 30 000», avant d’augmenter progressivement ce nombre dès l’année suivante, précise M. Amoudi. 

Bus pollueurs

Les pèlerins arrivant par les airs atterrissent aux aéroports de Médine ou Jeddah, près de La Mecque, les voyageurs disposant d’un visa «pèlerinage» n’étant pas autorisés à pénétrer en Arabie saoudite via un autre aéroport. 

À Jeddah, un aéroport flambant neuf est en phase de test, et une station TGV y sera ouverte «fin octobre», indique le ministre. 

Sur les sites autour de La Mecque, le transport durant le hadj reste toutefois chaotique. 

Des milliers de bus, fortement émetteurs de CO2, forment à toute heure d’interminables bouchons: parcourir une dizaine de kilomètres prend une demi-journée, voire plus.  

L’air est irrespirable, notamment aux abords du mont Arafat, une des principales étapes du hadj, et de nombreux pèlerins portent des masques chirurgicaux pour ne pas respirer les gaz d’échappement. 

«Sur la pollution générée par les bus, nous réfléchissons à un moyen de réduire les émissions [...] c’est un grand défi», affirme le ministre saoudien, sans autre précision.  

Garantir la sécurité des fidèles est l’autre grand défi. En 2015, quelque 2300 pèlerins ont péri dans une gigantesque bousculade, la pire tragédie de l’histoire du hadj. D’autres bousculades meurtrières ont par le passé endeuillé le grand pèlerinage annuel des musulmans.