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Un homme malade doit choisir entre sa santé ou son travail

On refuse de lui offrir des traitements recommandés par son médecin au bureau

Marc-André Laurier-Thibault, atteint de paralysie cérébrale, pose devant son bureau à Mirabel, où il aimerait recevoir des traitements recommandés par sa neurologue après ses heures de travail ou durant le dîner à raison de trois fois par semaine.
Photo Magalie Lapointe Marc-André Laurier-Thibault, atteint de paralysie cérébrale, pose devant son bureau à Mirabel, où il aimerait recevoir des traitements recommandés par sa neurologue après ses heures de travail ou durant le dîner à raison de trois fois par semaine.

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MIRABEL | Un homme atteint de paralysie cérébrale qui travaille à temps plein devra choisir entre l’aide sociale et sa santé ou son emploi, puisqu’il est incapable d’obtenir des traitements après 16 h 30.

« Si je choisis ma santé, c’est l’aide sociale à 1000 $ par mois, mais j’ai des soins. Pourtant, c’est bien plus payant pour la société que je travaille. Et pour moi, ce n’est pas juste une question d’argent. Quand tu n’as pas l’estime et le moral, tu as beaucoup plus de chances d’être malade », s’exclame le directeur des Affaires publiques et gouvernementales de la compagnie Savoura, Marc-André Laurier-Thibault.

L’homme de 37 ans se déplace difficilement. En raison de son handicap, sa démarche est déséquilibrée. Conséquences : des vertèbres de son dos se sont déplacées et il souffre maintenant d’arthrose.

Afin de diminuer les impacts et assurer qu’il puisse se déplacer encore longtemps, sa neurologue a fait une recommandation de traitement. Elle souhaite qu’il augmente la fréquence des séances de physiothérapie de deux à trois fois par semaine et qu’il reçoive les traitements en milieu de travail si possible pour minimiser l’absentéisme.

Heures d’ouverture

Or, il est incapable d’obtenir ce service en dehors des heures d’ouverture du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), soit de 8 h 30 à 16 h 30.

« Comment se fait-il que la machine gouvernementale ne puisse pas s’adapter à ma réalité de travailleur ? Ils veulent que les personnes en situation de handicap travaillent, mais ils ne me donnent pas les outils pour le faire. On me dit c’est la santé ou le travail », lance-t-il.

Du côté du CISSS des Laurentides, on refuse de se déplacer dans les locaux de l’entreprise de M. Laurier-Thibault pour lui offrir les soins, puisqu’il est capable de se déplacer.

« Quant aux services offerts par le soutien à domicile, ils sont offerts exclusivement aux usagers qui ne sont pas en mesure de se déplacer physiquement pour obtenir les services requis par leur état de santé. Si un client est mobile, le service sera ainsi offert dans une de nos installations », a écrit l’agente d’information, Bianca Desrosiers.

Selon l’usager du transport adapté, il lui faudrait trois heures par rendez-vous, en raison des délais du transport.

« Un non-sens »

« Je ne peux pas dire à mon employeur que je vais manquer neuf heures de travail par semaine. C’est un non-sens », évoque-t-il.

Il promet de continuer de se battre jusqu’à l’obtention des services recommandés.

« Les CISSS préfèrent dépenser à se battre contre moi plutôt que de me donner des services. Si tu demandais à la population ce qu’elle préfère entre payer des impôts pour entretenir leur machine bureaucratique ou aider directement les personnes, je pense qu’elle voudrait aider directement des personnes », conclut M. Laurier-Thibault.