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Le pilote des stars remporte une manche de sa saga

Un juge a finalement refusé lundi de le déclarer délinquant à contrôler

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Photo d'archives, Martin Alarie Normand Dubé, sur la photo avec son avocat Maxime Chevalier, était en liberté en février durant son procès au palais de justice de Saint-Jérôme. Il risque maintenant une longue peine d’incarcération pour quatre incendies criminels.

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Le pilote des stars vient de gagner une manche de sa saga judiciaire. Un juge a refusé de lui accoler l’étiquette peu enviable de délinquant à contrôler, mais a sous-entendu que Normand Dubé risque une longue peine de détention.

« C’est évident que le tribunal pense à une peine d’incarcération qui sera suffisamment longue », a annoncé le juge Gilles Garneau, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Le magistrat a rejeté lundi la demande de la Couronne d’envoyer Normand Dubé subir une évaluation psychiatrique en vue de le faire déclarer délinquant à contrôler.

Cette étiquette, dont sont affublés les criminels à haut risque de récidive et ayant commis des actes graves, entraîne une surveillance étroite pouvant durer jusqu’à 10 ans après leur sortie de prison.

Celui qu’on surnomme le pilote des stars a été déclaré coupable en mai d’avoir commandé quatre incendies criminels.

Entre novembre 2013 et octobre 2014, les résidences de deux employés de la ville de Sainte-Anne-des-Plaines et celle d’une employée des douanes ont été la proie des flammes. Un véhicule a aussi été incendié.

Les victimes étaient des fonctionnaires ayant eu maille à partir avec Dubé pour divers litiges, mais qui n’avaient en revanche aucun lien avec ceux qui ont allumé les feux.

L’homme de 57 ans a également été déclaré coupable d’avoir harcelé deux fonctionnaires pendant plusieurs mois.

« Prédateur »

« M. Dubé est un prédateur. C’est quelqu’un qui personnalise les conflits et qui attend plusieurs années avant de réagir », a plaidé lundi Me Steve Baribeau.

Le procureur de la Couronne a tout tenté pour convaincre le juge de la nécessité de faire évaluer l’accusé, qui est derrière les barreaux depuis plus de deux mois.

« Je ne sais pas sur quelle planète il vit, mais clairement il a quelque chose qui ne va pas bien, ce monsieur-là. Ce serait peut-être dans l’intérêt de la société [qu’il] soit suivi plus longtemps que la normale », a poursuivi Steve Baribeau, en insistant sur le manque d’empathie de Dubé.

Risque de récidive faible

« Ce n’est pas de la prédation. C’est un acte de vengeance précis, dans un contexte précis. Des motifs raisonnables de croire que ça va se répéter, il n’y en a pas », a rétorqué Me Maxime Chevalier, de la défense.

Le juge Garneau a donné raison à ce dernier en se basant notamment sur le rapport présentenciel préparé par un criminologue, qui évalue le risque de récidive comme étant faible à court et moyen terme.

« Il y a eu une période de sa vie où il a sauté les plombs », a résumé le magistrat.

Les avocats feront leurs suggestions de sentence la semaine prochaine.

La Couronne a déjà annoncé qu’elle réclamerait plus de 10 ans de détention, consécutifs aux sept années dont Dubé a écopé pour un méfait de 30 millions $ à l’endroit d’Hydro-Québec.

Dubé nie toujours les faits et a porté les verdicts de culpabilité en appel.