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Québec refuse de se mêler du dossier Bioénergie AE

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Malgré l’investissement de sommes considérables, Québec n’a pas l’intention d’intervenir dans le différend opposant les propriétaires de l’usine de biocarburant à Port-Cartier, Bioénergie AE Côte-Nord, à des fournisseurs qui réclament d’être payés.

« Comme il s’agit de contrats entre des parties privées, le ministère de l’Économie et de l’Innovation ne peut intervenir, mais il suit évidemment le dossier de près », avance dans un courriel l’attaché de presse du ministre Pierre Fitzgibbon, Mathieu St-Amand.

Fournisseurs impayés

Depuis plusieurs mois, des entreprises qui ont participé à la construction de l’usine affirment ne pas avoir reçu toutes les sommes dues pour leur travail.

Groupe Industries Fournier et RPF Électrique demandent respectivement 5,6 millions de dollars et 375 000 dollars.

Le dossier est aujourd’hui devant les tribunaux.

Selon le gouvernement, qui a injecté 32 millions $ dans ce projet avec Investissement Québec (IQ), « dans le cadre des procédures judiciaires en cours, un processus de conciliation devrait débuter en septembre visant un règlement à l’amiable ».

Investissement Québec n’a pas voulu commenter, précisant que l’organisation est intervenue dans ce dossier à titre de mandataire du gouvernement du Québec.

À bout de patience

Propriétaire et président de Groupe Industries Fournier, une compagnie de 400 employés, Harold Roy ne cache pas être à bout de patience.

Il estime que ce trou dans son budget met une pression supplémentaire sur son organisation. Il a d’ailleurs été contraint de remercier une quinzaine de travailleurs en juillet afin de conserver sa santé financière.

Selon M. Roy, la direction de Bioénergie AE Côte-Nord refuse de payer à cause d’un dépassement de coûts d’environ 10 millions $. Il affirme aussi ne pas être au courant du « processus de conciliation » et il aurait aimé une réaction du gouvernement.

La construction de l’usine Bioénergie AE Côte-Nord, propriété d’un consortium formé d’Ensyn Technology, du Groupe Remabec et de sa filiale Produits Forestiers Arbec, avait nécessité des investissements de 105 millions $, dont 77 millions $ des gouvernements provincial et fédéral.

Retard

L’usine, qui devait ouvrir ses portes en 2018, n’est toujours pas en production.

L’objectif était de produire annuellement 40 millions $ de litres de biohuile à partir de biomasse forestière résiduelle. L’usine vise à transformer le bois en biocarburant pour remplacer le mazout dans le chauffage industriel.