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Un entraîneur québécois qui a la cote en Europe

Doug Boulanger connaît du succès en Suisse et en Lituanie

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Photo courtoisie Doug Boulanger a aidé les équipes lituaniennes de hockey des moins de 20 ans et des moins de 18 ans à finir au deuxième rang du Championnat du monde division II, l’an passé.

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Exilé en Suisse depuis maintenant huit ans, l’entraîneur de hockey Doug Boulanger est revenu là où tout a commencé pour lui en faisant profiter de son savoir-faire aux jeunes de l’école de hockey Les Remparts. À travers ses mandats avec le programme national lituanien, ses deux compagnies spécialisées dans le développement des habiletés individuelles et d’autres contrats un peu partout en Europe, le Beauportois d’origine se consacre corps et âme à sa passion.

Au fil des ans, Boulanger s’est forgé une réputation enviable dans le monde du hockey européen. L’aventure qui a débuté par de simples cours privés à un adolescent s’est transformée en un long chapitre de sa vie toujours en cours.

À 31 ans, il a déjà fait partie de la structure du club suisse de Lausanne où il a dirigé les équipes de niveaux pee-wee et moins de 17 ans (équivalent midget AAA).

L’an passé, le Québécois a accepté l’invitation de l’ancien de la LNH, Dainius Zubrus, à la tête de la Fédération lituanienne de hockey, pour diriger les sélections des moins de 18 ans et des moins de 20 ans de ce pays situé au bord de la mer Baltique. Il répétera l’expérience cette saison après les avoir guidés à la médaille d’argent aux championnats du monde division II.

À cela s’ajoutent ses compagnies Leysin Sport Academy et Open Ice Sports Services, lesquelles offrent respectivement des cours de perfectionnement et des leçons privées. Il vient aussi de participer à une école de hockey parrainée par les Canucks de Vancouver en Autriche. Disons qu’il n’a pas trop le temps de s’ennuyer avec un emploi du temps aussi chargé.

« Le hockey, c’est une passion pour moi, lâchait Boulanger en entrevue avec Le Journal la semaine dernière au Centre sportif Marc-Simoneau. Grâce à mes sociétés, j’ai le pouvoir d’être libre si ça ne fonctionne plus dans le coaching. J’aime venir à l’aréna. J’ai été stagiaire de 4 à 14 ans à l’école de hockey et de 15 à 18 ans, j’étais entraîneur durant l’été. C’est une école qui me tient à cœur parce qu’ils m’ont donné ma chance en me faisant vite confiance quand j’étais jeune. »

Un regard différent

Par sa carrière en Europe et ses années passées avec l’équipe de l’Université du Sud du New Hampshire, Boulanger est bien placé pour porter un regard analytique sur le hockey québécois. Selon lui, là où la Suisse et certains pays européens devancent le Québec, c’est dans la qualité de l’enseignement offert aux enfants.

« Les gars sont extrêmement qualifiés, ici, mais c’est moins développé au niveau technique chez les jeunes parce qu’il y a encore beaucoup de parents et de bénévoles, a-t-il observé.

« Comme partout, si tu veux te développer en tant que coach, il faut que tu te nourrisses. Si personne ne te nourrit dans ton organisation, tu ne peux pas nourrir les jeunes et tu vas continuer à faire ce que tu as toujours fait », explique celui qui est aussi ambassadeur pour les produits Hockey Shot.

Regarder ailleurs

Boulanger prône une diversité des points de vue. Il cite en exemple les entraîneurs issus du système québécois qui, à moins d’initiatives personnelles, n’ont pas vraiment la chance d’apprendre de confrères étrangers.

« [...] Les méthodes d’enseignement n’évoluent pas beaucoup parce que les gars ont peu de temps pour voir ce qui se fait ailleurs. »

Des clubs aux grands moyens financiers

Les moyens financiers dont disposent les clubs suisses au niveau amateur sont à des années-lumière de ce qu’on retrouve au Canada.

« Ce ne sont pas les mêmes moyens. En Suisse, les coachs de midget AAA et de junior gagnent au-dessus de 100 000 $, ce qui serait impensable dans le système québécois. Le hockey est différent, les structures sont différentes, note Doug Boulanger.

« Quand tu as l’équivalent de ton grade IV en coaching au Canada, les formations et les clubs touchent de gros moyens financiers pour développer. Plus tu investis dans ton coach, plus ton coach va te rapporter financièrement et ça vaut vraiment la peine. »

Malgré les quelque 1500 hockeyeurs répertoriés en Lituanie, le calibre de jeu a étonné l’homme de hockey. « Si nos joueurs sont blessés ou ne sont pas présents, ça peut vite devenir compliqué, tempère-t-il. Les gars ont le cœur gros comme ça, mais ils n’ont pas de culture pour ce qui est de la tactique. Jusqu’à 12 ans, sur le plan individuel, la Lituanie m’impressionne. »

Un nouveau souffle

L’ancien attaquant a toutefois trouvé en l’école de hockey Les Remparts une manière de partager son savoir dans sa ville natale.

Son implication ira au-delà de l’enseignement sur la patinoire aux jeunes à partir de l’année prochaine.

Fondée en 1991 du temps des Harfangs de Beauport, celle-ci a vécu une décroissance des inscriptions au cours des dernières années, en raison de la multiplication des camps de hockey estivaux et de la création de programmes scolaires, selon Boulanger. De l’époque où elle accueillait 600 jeunes sur une période de six semaines, voilà qu’ils n’étaient qu’une cinquantaine cet été.

« La prolifération des écoles a dispersé la clientèle, a renchéri le propriétaire Jean-Yves Tremblay, qui porte le projet bien haut avec l’aide du club de la LHJMQ depuis son rachat en 1996. De plus, je ne suis pas de la nouvelle génération pour ce qui touche au marketing. Doug, avec qui j’ai toujours eu une bonne relation, a de bons contacts un peu partout. Le but est de redonner un nouveau souffle à l’école. »

« Suivre la vague »

Le Beauportois a déjà sa petite idée pour redonner du lustre à la marque.

« Il y a une grosse qualité en matière de personnel et de développement. Maintenant, il faut suivre la vague au niveau du développement [individuel] des joueurs et du marketing. C’est dans ça que je pourrai donner un bon coup de main, notamment en amenant des entraîneurs et des joueurs européens. »