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Ottawa: état des lieux

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Elles ne sont pas encore officiellement déclenchées, mais les prochaines élections fédérales sont dans l’air. Pour l’instant, seuls les citoyens les plus zélés suivent la chose avec attention. Il n’est toutefois pas inutile de voir où nous en sommes.

Un mot d’abord sur Justin Trudeau. On s’en souvient, il a remporté les élections fédérales de 2015 de manière un peu inattendue. Mais une fois élu, les médias internationaux comme les médias canadiens l’ont transformé en superstar politique. On l’imaginait imbattable.

Puis Justin Trudeau est allé en Inde et s’est couvert de ridicule. D’un coup, la superstar devenait un politicien comme les autres. Trudeau ne semblait plus imbattable. Il a aggravé son cas avec l’affaire SNC, qu’il n’a pas su gérer en plus de laisser Jody Wilson-Raybould l’humilier gravement. Trudeau s’est montré faible. Je l’ai souvent surnommé la reine d’Angleterre : il règne, mais ne gouverne pas. C’est un animateur de camp de vacances égaré en politique.

Trudeau

On ne sous-estimera pas, toutefois, la force du PLC, qui demeure le parti naturel de gouvernement à Ottawa, en plus de bénéficier de la complaisance médiatique de Radio-Canada.

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Andrew Scheer devrait tirer avantage de la situation, mais il est dramatiquement beige. Au Canada anglais, néanmoins, il performe. Au Québec, on ne sait pas encore quelle stratégie il mettra de l’avant. Misera-t-il sur le nationalisme québécois sur le mode Mulroney ou se contentera-t-il d’un discours « de droite » style Harper ?

Toutefois, si le Parti conservateur parvient à jouer la carte anti-Trudeau, il pourrait surprendre et mobiliser l’électorat québécois.

Jagmeet Singh est un homme honorable, sans aucun doute. Mais la percée du NPD, au Québec, en 2011, était une anomalie historique. Il n’est pas parvenu à s’enraciner et est appelé à revenir à un statut très minoritaire, peut-être même groupusculaire. Pour s’implanter, il aurait dû conjuguer nationalisme et progressisme. Il en revient aujourd’hui au gauchisme groupusculaire. Il conservera quelques députés, mais pas plus.

Maxime Bernier, quant à lui, s’est imposé en un an comme le fou du roi de la politique fédérale. Il a voulu s’imposer en s’emparant de sujets interdits à Ottawa comme l’immigration ou la critique du multiculturalisme. Il devrait avoir le droit de participer aux débats des chefs. Cela dit, son Parti populaire du Canada ressemble de plus en plus à un aimant attirant tous les tordus, les tarés et les dérangés idéologiques qui traînaient dans le pays. Son auditoire ne dépasse actuellement pas les marges insurgées de la politique canadienne.

Bloc

Reste le Bloc. Yves-François Blanchet est en train de le faire renaître. Nous le savons, les souverainistes ne vont pas très bien. Mais paradoxalement, il y a depuis l’élection du gouvernement Legault un nouveau vent de nationalisme au Québec, qui pourrait profiter au Bloc. Surtout, si nous nous retrouvons avec un gouvernement fédéral conservateur minoritaire, le Bloc pourrait avoir la balance du pouvoir.

Peut-être serait-ce cela, pour le Québec, le vrai pouvoir à Ottawa.