/sports/racing
Navigation

Cinq Québécois au Tour de l’Avenir

La plus belle vitrine pour attirer les dépisteurs du World Tour débute jeudi

Pier-André Côté sera l’un des six représentants de l’unifolié à se mesurer aux meilleurs cyclistes U23 au monde dans le cadre du Tour de l’Avenir qui prend son envol jeudi, en France.
Photo Jean-François Desgagnés Pier-André Côté sera l’un des six représentants de l’unifolié à se mesurer aux meilleurs cyclistes U23 au monde dans le cadre du Tour de l’Avenir qui prend son envol jeudi, en France.

Coup d'oeil sur cet article

Les étoiles montantes du cyclisme canadien ont amorcé leur travail de séduction auprès des grandes écuries européennes ce matin lorsque s’est mise en branle la 56e édition du Tour de l’Avenir, un Tour de France condensé en dix étapes regroupant l’élite internationale des moins de 23 ans.

Six représentants de l’unifolié, dont cinq Québécois, forment cette première sélection canadienne en huit ans à participer au prestigieux événement qui traversera le sud de la France jusqu’aux Alpes pour se terminer le 25 août. Il s’agit de Nickolas Zukowsky (Sainte-Lucie-des-Laurentides), Pier-André Côté (Lévis), Adam Roberge (Prévost), Laurent Gervais (Montréal) et Charles-Étienne Chrétien (Amos). Ben Katerberg, de la Colombie-Britannique, sera l’autre porte-couleurs.

Faute de financement, le Canada était incapable d’y envoyer une équipe depuis 2011, année où David Boily s’était emparé du deuxième rang du classement général. Antoine Duchesne et Hugo Houle, qui allaient éventuellement participer au Tour de France, se retrouvaient parmi ses coéquipiers. Et le récent champion de la Grande Boucle, Egan Bernal, avait été couronné en 2017. Tous s’entendent pour dire qu’il s’agit de la plus importante vitrine pour attirer l’œil d’équipes du World Tour.

« Les résultats que l’on a ici dans des courses tout de même reconnues, pour eux, ça ne vaut pas autant à leurs yeux que d’autres courses en Europe où il y a un plus gros bassin qui est plus féroce. Le Tour de l’Avenir, ce sont les plus forts U23 au monde, et avec de bons résultats, ça augure bien pour la suite pour établir des contacts », mentionnait Zukowsky en entrevue téléphonique avec Le Journal avant son départ. Ce dernier connaît une saison du tonnerre alors qu’il remporté le Grand Prix cycliste de Saguenay et terminé troisième à l’issue du Tour de Beauce avec Floyd’s Pro Cycling.

Dans l’inconnu

Âgé de 22 ans, Pier-André Côté en est à sa dernière année dans cette catégorie et court déjà fréquemment en Europe avec son équipe Rally UHC Cycling. Il sait néanmoins qu’il n’aura pas deux chances de faire bonne impression à ce rendez-vous.

« C’est un passage obligatoire si on veut développer de bons cyclistes », enchaînait Côté lorsque rencontré la semaine dernière, avouant que ses partenaires et lui ne savaient pas trop sur quel pied danser.

« Au niveau du calibre, est-ce un Tour de Beauce bonifié ou est-ce aussi dur que les courses des Grands Prix de Montréal et de Québec ? On sera mieux capable d’aligner nos objectifs avec le calibre après les deux ou trois premiers jours », a-t-il spécifié.

En deux temps

Les six premières étapes disputées sur des parcours plats ou accidentés, incluant le contre-la-montre, seront à la portée des espoirs canadiens, après quoi les choses se corseront en montagne. D’une distance de 23 km uniquement, la huitième tranche s’annonce éprouvante avec son ascension de 2300 m.

« Les parcours accidentés, c’est le terrain sur lequel on va plus se démarquer. On est conscient qu’on n’a pas de pur grimpeur pour les étapes de montagne », a reconnu Zukowsky, qui s’attend à une « compétition très relevée ».

« Courir en Europe est plus différent qu’en Amérique à cause de la nature des routes, des parcours et du style en course. Cela rendra nos athlètes plus forts et cela contribuera à développer leur polyvalence tout en les améliorant au niveau technique », a souligné Kevin Field, qui dirige les programmes sur route pour Cyclisme Canada.

À la recherche de financement pour le cyclisme sur route

Nommé à la tête de Cyclisme Canada en décembre 2018, Pierre Laflamme espère que le pays maintiendra sa présence au Tour de l’Avenir au cours des prochaines années. L’argent et le talent des athlètes dicteront toutefois la marche à suivre, prévient-il.

La fédération nationale compte sur l’appui financier de l’organisation À nous le podium pour ses programmes de développement, laquelle vise à stimuler la récolte de médailles olympiques depuis les Jeux de Vancouver, en 2010. Des 3,8 millions $ versés pour 2019-2020, selon le site internet, une grosse part de cette somme revient à la piste où les possibilités de médailles seraient plus élevées.

« On essaie de changer ça et on a une rencontre prévue à l’automne. On ne veut pas être dépendant d’eux dans l’avenir et la meilleure façon sera d’aller chercher des fonds privés et de les faire changer d’idée. Mais ce n’est pas quelque chose qui se vire sur un trente sous », a expliqué le nouveau président au Journal.

Relève à développer

Des fonds privés jumelés au fonds de la Fondation des Championnats du monde à Hamilton en 2003, c’est justement ce qui permet au Canada cette année de rouler de nouveau au Tour de l’Avenir. Pour réduire les coûts, des membres du personnel français seront à la disposition des coureurs canadiens.

« C’est une excellente vitrine pour faire connaître les jeunes U23 pour qu’ils accèdent au World Tour. Michael Woods, Antoine Duchesne et Hugo Houle sont là et ils vieillissent. Si on veut continuer à avoir une présence internationale, il faut qu’on les montre aux Européens parce qu’ils ne les connaissent pas.

« Cela dit, il faut voir en fonction de nos athlètes. Idéalement, on voudrait y aller chaque année, mais il faut bien dépenser notre argent, et ça ne donnera rien d’y aller une année où on sait que nos cyclistes vont se faire crucifier », a précisé ce comptable de formation.

Garneau critique

Questionné sur le sujet, l’homme d’affaires Louis Garneau a déploré le sous-financement du volet sur route.

« Si tu ne vas pas au Tour de l’Avenir, tu ne peux pas te montrer aux dépisteurs [d’équipes européennes]. Je trouve qu’on a peut-être manqué de vision un peu d’abandonner ça. Oui, la piste, c’est important, mais il ne faut quand même pas abandonner la route alors que trois Québécois ont fait le Tour de France », a lâché l’olympien des Jeux de 1984 qui a été élogieux envers Nickolas Zukowsky.