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Classe très moyenne

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Justin Trudeau

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Renforcer la classe moyenne, telle est l’obsession de Justin Trudeau. A-t-il tenu promesse, après quatre ans au pouvoir ? Les premiers indicateurs économiques augurent mal pour le premier ministre.

Le constat est plutôt embêtant pour Justin Trudeau. Améliorer le sort de la classe moyenne est le cœur de son engagement politique depuis les tout débuts.

Pour atteindre cet objectif, le premier ministre a été forcé de rompre certaines promesses.

Les investissements massifs des libéraux dans l’économie ont eu raison de son engagement d’équilibrer le budget au cours d’un premier mandat.

Exercice crédible

Le constat d’échec partiel est le fruit d’un groupe d’universitaires crédibles chapeautés par deux chercheurs de l’Université Laval de Québec.

Ils publient aujourd’hui un bilan exhaustif des 353 promesses qu’ils ont recensées dans la plateforme électorale libérale de 2015, intitulée : Le bon plan pour renforcer la classe moyenne.

L’un des chapitres de l’ouvrage académique s’attarde spécifiquement aux engagements visant ce segment de la population.

Les auteurs, Marcelin Joanis et Stéphanie Lapierre, concluent que « le gouvernement Trudeau n’a pas encore réussi à infléchir les forces économiques qui placent cette tranche de la population dans une situation difficile ».

En clair : la classe moyenne ne se serait pas enrichie sous les libéraux.

Il s’agit toutefois d’un constat partiel et préliminaire.

Les données sur les revenus, généralement utilisées pour évaluer la situation économique des ménages, n’étaient pas assez fraîches. Les chercheurs se sont donc rabattus sur la progression des salaires.

Le portrait qu’ils dressent n’est pas lumineux.

Non seulement les salariés de la classe moyenne ne gagnent pas plus qu’avant, mais ils gagnent moins.

« Nos calculs révèlent une réduction de 0,2 % du salaire hebdomadaire réel moyen pour les professions de la classe moyenne depuis le début du mandat du gouvernement Trudeau », soulignent les auteurs.

Oppositions

Ce résultat est particulièrement décevant compte tenu du fait que l’économie roule à plein régime.

La création d’emploi atteint des sommets et le taux de chômage est au plus bas.

Dans ce contexte favorable, il n’est pas facile pour les partis d’opposition d’attaquer le gouvernement sur l’économie.

Le constat des chercheurs de l’Université Laval donnera certainement des munitions aux conservateurs d’Andrew Scheer.

Ce dernier répète depuis des mois que les bons indicateurs économiques cachent une réalité plus sombre.

Le leader conservateur martèle que les deux tiers des Canadiens se « sentent » pris à la gorge financièrement, selon un sondage.

Le recul du salaire de la classe moyenne, comme calculé par les universitaires québécois, permettra peut-être à Andrew Scheer de mettre de la chair autour de l’os d’un argument qui manque de poigne.

Il est bien possible que les investissements des libéraux finissent par donner des résultats concrets pour la classe moyenne, un concept flou d’ailleurs qui divise les experts.

Dernièrement, les troupes libérales martèlent qu’ils ont besoin de plus de temps pour achever le travail entrepris dans les quatre dernières années.

Justin Trudeau doit espérer que les Canadiens feront preuve de patience.