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Consigne du verre : les bouteilles vides ne retourneront pas dans les SAQ

Benoit Charette
Photo Stevens LeBlanc Benoit Charette

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Le ministre de L’Environnement Benoit Charrette ne forcera pas la SAQ à transformer ses succursales en point de collecte de bouteille vide si une consigne était élargie aux bouteilles de vin. 

« S’il y a des sites de dépôt [...] on ne veut pas forcer le commerçant, la succursale de la SAQ, le dépanneur du coin à tout récupérer les matières qu’ils mettent sur le marché, car physiquement ils n’ont pas l’espace pour le faire », a expliqué M. Charette. 

« On va collaborer avec ceux et celles qui se portent volontaires pour le faire », a-t-il ajouté. 

Plus tôt en semaine, la Société des Alcools du Québec (SAQ) s’était pour la première fois dite ouverte à une consigne sur les bouteilles de vin et spiritueux, mais du même souffle sa PDG Catherine Dagenais a martelé qu’il n’était pas question de devenir des centres de retour de bouteilles vides, invoquant le manque d’espace. 

Le syndicat favorable 

Le syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ) a salué ce « virage à 180 degrés ». «[l’implantation d’un système de consigne était tabou à la SAQ», a expliqué Alexandre Joly, secrétaire général du syndicat, lors de son passage de la commission parlementaire sur le recyclage du verre à Québec. 

Depuis le changement de cap de la Société d’État, le syndicat espère maintenant avoir une meilleure écoute. 

Selon lui, environ 150 succursales, principalement des SAQ Dépôt et es SAQ Sélection, auraient l’espace nécessaire pour devenir des points de dépôt. 

Le gouvernement présentera cet automne sa politique sur la gestion des matières résiduelles qui concernera notamment le verre et la consigne. Le ministre planche sur un projet d’élargissement de la consigne et son cabinet a même présenté un plan à des représentants de l’industrie. 

Selon Recyc-Québec, 72% du verre généré par les Québécois est envoyé au site d’enfouissement. 

Le ministre convient que ce résultat n’est pas « normal ». 

Le gouvernement libéral avait déjà examiné la possibilité d’instaurer une consigne sur le verre une avant de reculer. « Mes prédécesseurs ont manqué de leadership à ce sujet », a insisté le ministre. 

Où iront les bouteilles? 

La question sera donc de savoir qui acceptera les bouteilles vides. Les associations de détaillants en alimentation et de dépanneurs ont expliqué plus tôt cette semaine qu’ils ne souhaitaient pas plus se retrouver à gérer un surplus de bouteilles vides. 

La municipalité de Saint-Denis-de-Brampton, en Estrie, mise depuis 2015 sur un conteneur où les citoyens vont y déposer leur verre. Un conditionneur 2M Ressources vient récupérer ce verre et le transforme. 

La municipalité dit avoir récupéré quelque 200 tonnes de verre depuis le début du projet. D’autres municipalités ont depuis emboité le pas. 

L’Association des brasseurs du Québec (L’ABC) s’oppose toutefois « vigoureusement » à la création de centres de dépôt de verre qui viendrait ébranler tout le système actuel de consigne à bière. 

Le président de l’ABC, Patrice Léger Bourgouin, a expliqué à la commission hier qu’il craignait que les Québécois ne déposent tout leur verre dans ces dépôts, même la bouteille de bière.