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Une grande brûlée soutient la victime immolée à Québec

La femme qui a été aspergée d’acide en 2012 sait que sa guérison sera pénible

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La guérison sera longue et pénible, mais il y a de la lumière au bout du tunnel pour la victime immolée cette fin de semaine à Québec, promet une femme qui a subi un drame semblable en 2012.  

Il y a sept ans presque jour pour jour, Tanya St-Arnauld a été aspergée d’acide par son copain au terme d’une chicane. Elle a été brûlée au troisième degré sur 20 % de son corps et a dû subir de nombreuses opérations chirurgicales depuis.    

  • Tanya St-Arnauld était à l’émission Le 6 à 9 de Caroline et Maka sur QUB radio:   

 

Vendredi soir, un scénario similaire s’est produit dans le quartier Saint-Sauveur à Québec.    

Une femme de 27 ans a été arrosée d’essence avant d’être immolée en pleine rue. Le conjoint de la victime, Frej Haj Messaoud, a été accusé de tentative de meurtre et de voies de fait graves.    

Les détails de cette sordide agression ont vivement ébranlé Mme St-Arnauld.    

Revivre son cauchemar  

« C’est vraiment alarmant que même après mon histoire, ce soit encore une option de lancer un liquide inflammable sur quelqu’un », a-t-elle lancé lors d’une entrevue avec Le Journal hier.    

Depuis ce week-end, cette histoire replonge la femme de 36 ans dans le cauchemar qu’elle a vécu en août 2012. Le coma, les nombreuses opérations, les greffes de peau, la réadaptation : tout est encore frais à sa mémoire.    

« Je sais ce qui l’attend pour les jours, les semaines, les mois à venir. À son réveil [du coma], elle va d’abord avoir à prendre conscience de ce qui lui est arrivé », a expliqué Mme St-Arnauld.    

Pour réussir à surmonter les nombreuses épreuves à venir, la victime de Québec devra « s’accrocher à chaque petite victoire ». Et être bien entourée, insiste Mme St-Arnauld.    

« J’ai eu la chance d’avoir de l’aide d’un peu partout. C’est ça qui m’a aidée à passer au travers. J’ai reçu des messages d’encouragement par milliers », a illustré celle qui est maintenant mère de deux jeunes enfants.    

Brûlée sur 20 % de son corps en 2012, Tanya St-Arnauld a conservé des cicatrices, notamment aux bras et au cou.
Photo Chantal Poirier
Brûlée sur 20 % de son corps en 2012, Tanya St-Arnauld a conservé des cicatrices, notamment aux bras et au cou.

  

Donner au suivant  

L’histoire de Tanya St-Arnauld avait fait écho aux États-Unis. Le populaire animateur Anderson Cooper l’avait invitée peu après l’attaque sur son plateau de télévision pour lui annoncer qu’une clinique médicale américaine lui offrait des traitements au laser pour ses cicatrices.    

Cette vague d’amour ayant tout changé pour elle, la trentenaire souhaite à son tour tendre la main à la victime de Québec.    

« Je sais que j’ai été extrêmement chanceuse. Je me demande ce que je pourrais faire pour cette jeune dame. J’aimerais être là pour elle, si elle le désire. Si elle a besoin d’aide, j’embarque à 100 % », a-t-elle insisté.    

Même si elle a repris sa vie en main, Mme St-Arnauld avoue avoir encore de la difficulté à se sentir en sécurité en public.    

Pour le reste, elle dit avoir appris à accepter ses cicatrices... la plupart du temps.    

♦ Son agresseur, Nikolas Stefanatos, a écopé en décembre 2014 de 57 mois de détention après avoir plaidé coupable de voies de fait graves. Il est maintenant libre.  

 Ce qu’elle a dit    

 « Je pense fort à sa mère qui a vu ce qui est arrivé à sa fille. Je me souviens comment la mienne se sentait impuissante à l’hôpital. Elle aurait voulu me donner sa peau pour ne pas que je vive ça. »    

 « J’ai envie de donner un câlin [à la victime de Québec]. Lui dire que je peux l’aider, que je sais dans quoi elle s’embarque, l’encourager le plus possible, lui dire qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. »    

 « Si je peux lui offrir une paix d’esprit en l’aidant [afin] qu’elle puisse se concentrer à 100 % sur sa guérison, je le ferai. »    

 « [À l’époque], ça me motivait de savoir que, sans même me connaître, les gens voulaient m’aider. Après ce que j’avais vécu, ça me redonnait confiance en la race humaine. »    

 « Les gens qui ont participé aux levées de fonds, ils sont pleins d’amour, ils prenaient du temps pour moi. Je me sentais aimée. »    

 – Tanya St-Arnauld