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Une journée avec Julien Gauvin, éleveur de porcs québécois

Une journée avec Julien Gauvin, éleveur de porcs québécois

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Si on est toujours fier de faire un achat local, on est pourtant loin de se douter de l’ampleur du travail et, surtout, de la passion qui en est à l’origine.  

Pour en savoir plus sur les artisans de notre économie québécoise, nous nous sommes entretenus avec Julien Gauvin, éleveur de porcs du Québec. Jeune père de famille, Julien Gauvin nous raconte une journée type dans son quotidien.   

UNE VÉRITABLE VOCATION   

Julien a eu la chance de grandir sur une ferme familiale. Les subtilités du métier d’éleveur lui ont été inculquées dès sa tendre enfance, alors qu’il suivait son père pour lui donner un précieux coup de pouce (et en profiter pour flatter les porcelets!).   

À l’adolescence, la vocation de Julien se concrétise. Il sait qu’il veut perpétuer la tradition en devenant agriculteur à son tour. Julien termine ses études à l’Institut agroalimentaire de Saint-Hyacinthe en 2001 et à peine deux heures après l’obtention de son diplôme, il commence officiellement à pratiquer le métier d’agriculteur. Décidément, l’ouvrage ne manque pas dans ce domaine!   

Sollicité à savoir quel était son souvenir le plus marquant, il nous raconte avoir veillé à l’inauguration de deux nouvelles pouponnières :   

«Je devais avoir 16 ans à l’époque, mais je me souviens du jour où j’ai vu les porcelets s’installer dans un tout nouveau bâtiment qu’on avait commandé spécifiquement pour qu’ils soient plus confortables.» 

«Ça m’avait vraiment marqué de voir à quel point ils avaient l’air de s’y plaire.»

Le bien-être des animaux devient alors une priorité claire dans l’esprit de Julien, une qui viendra façonner sa manière d’exercer son métier.   

  

7 JOURS SUR 7   

Une journée type dans le quotidien d’un éleveur de porcs n’est pas de tout repos. Le producteur a l’habitude de se lever très tôt.

«La réalité de l’élevage porcin a l’avantage d’être plus flexible que celle des autres producteurs agricoles, ce qui est parfait pour les jeunes familles.»

Les plus récentes innovations du secteur lui procurent une certaine flexibilité. L’automatisation de sa ferme lui permet notamment d’aller porter ses enfants à la garderie le matin – un luxe que n’avaient pas les éleveurs d’autrefois.   

«Par contre, c’est une job dont il faut s’occuper 7 jours sur 7.» Car oui, les animaux de Julien ont besoin de lui la fin de semaine aussi!   

  

 

UN SECTEUR EN PLEIN DÉVELOPPEMENT   

Alors qu’on interroge Julien à savoir si les pratiques agroenvironnementales ont évolué depuis qu’il œuvre dans le domaine, on entend sa voix qui s’emballe. Le Montérégien plonge dans le vif du sujet avec une exaltation contagieuse.   

«Depuis les 10 dernières années, je limite la compaction du sol le plus possible et je veille à l'épandage de fumier plus responsable. Je tiens vraiment à diminuer ma consommation de produits fossiles et je vois de plus en plus cette mentalité chez les autres éleveurs aussi», s’enthousiasme-t-il.   

Maintenant propriétaire, il s’engage à fournir les meilleurs soins aux animaux sous sa charge et à continuer d’améliorer leur quotidien. D’ailleurs, en 2011, il entreprend des rénovations majeures à son engraissement pour permettre aux porcs de se promener en toute liberté, sans enclos fermés.   

«Tous les producteurs porcins du Québec doivent obtenir une accréditation et se font imposer de stricts standards et des vérifications par des valideurs indépendants. De plus, un programme de formation est en cours pour former tous les responsables de sites aux nouvelles exigences en matière de bien-être animal.»   

Julien a d’ailleurs été honoré en 2018 par le concours Responsables par nature, organisé par les Éleveurs de porcs du Québec, pour ses efforts remarquables en matière de responsabilité environnementale. En effet, il a su réduire son utilisation de pesticides tout en optant pour des semences de soya et de maïs non traitées par insecticide.      

Il nous explique ensuite que le secteur porcin se démarque des autres pratiques agricoles de par sa rigoureuse gestion des sols et son utilisation parcimonieuse des matières fertilisantes et des pesticides.

«La quantité de CO2 émis par kilogramme de porc québécois est la plus faible de toutes les industries porcines au monde.»

À l’instar de beaucoup de ses confrères et consœurs, il met les bouchées doubles pour réduire au maximum les effets des élevages sur l’eau, l’air et les précieux écosystèmes québécois.   

 

FIERTÉ ET SAVOIR-FAIRE À SAVEUR LOCALE   

Encourager les éleveurs porcins québécois aide considérablement à stimuler l’économie locale, tout en amoindrissant son empreinte écologique. Lorsque nous abordons la chose avec Julien, il abonde en ce sens.

«Manger une viande élevée et transformée ici est une excellente façon d’encourager l’économie locale et de réduire son empreinte écologique, puisqu’on minimise les gaz à effet de serre relié au transport.»

La rigueur des normes encadrant la production rassure également le consommateur à l’effet que le porc du Québec est une viande saine, sans agents pathogènes ni résidus d’antibiotiques ou autres contaminants. Julien est sans équivoque, le souci de manger local va façonner l’agriculture de l’avenir. Et il s’en réjouit.   

Ayant suivi les traces de son père, Julien est aux premières loges lorsqu’il y a lieu de constater de l’évolution fulgurante des pratiques du secteur.   

«L’élevage porcin est une profession qui a su se réinventer. Les producteurs sont guidés par des valeurs fortes comme l’engagement, la rigueur et l’excellence. Ces hommes et ces femmes nourrissent le Québec avec une viande d’une qualité exceptionnelle, respectent les meilleures pratiques et contribuent à l’économie et à la vitalité de nos régions.»   

Témoin de la constante volonté de s’améliorer des éleveurs, il nous confie percevoir la relève de manière reluisante. Il nous apprend même que 25% des éleveurs québécois ont moins de 40 ans.

Julien Gauvin conclut notre échange en réitérant l’importance d’acheter local. Les éleveurs de porcs du Québec font un travail remarquable pour offrir une viande de qualité supérieure. L’achat des produits d’ici permet de réduire notre empreinte écologique tout en faisant vivre des milliers de famille à travers la province. Parce que c’est ça aussi, la beauté de l’agriculture locale.