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Victime de la fuite même si elle est partie en 2006

Elle déplore que Revenu Québec ait encore ses données

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Victime de la fuite de données, une ex-employée de Revenu Québec qui a travaillé pour le fisc durant deux mois, en 2006, digère mal le fait que l’Agence ait conservé ses informations personnelles aussi longtemps.

« J’ai travaillé chez Revenu Québec seulement deux mois comme contractuelle durant la période des impôts. » –Véronique, ancienne employée de Revenu Québec

Véronique, qui préfère taire son nom pour ne pas nuire à son employeur actuel, a reçu une lettre de Revenu Québec, mardi, pour l’avertir que l’incident touche ses informations personnelles, comme ses nom, prénom et numéro d’assurance sociale.

« C’est très inquiétant comme situation. Leur système informatique ne devrait même pas permettre de transférer des fichiers à l’externe », déplore-t-elle.

La semaine dernière, Revenu Québec a révélé avoir été victime d’un bris de confidentialité de la part d’une employée impliquant les données personnelles de 23 000 travailleurs actuels et passés. Deux personnes de Québec ont été arrêtées en lien avec ce dossier. Aucune accusation n’a toutefois été déposée.  

 Dans la missive qui a récemment été transmise aux personnes impliquées, Revenu Québec s’excuse pour cet incident et assure que « les données bancaires nécessaires au versement de la paie ne figurent pas dans les bases de données visées ».

L’Agence réitère que rien n’indique dans son enquête interne que ces données auraient été utilisées à des fins malveillantes. Elle précise toutefois que « seules les conclusions de l’enquête policière en cours pourront confirmer la nature de l’utilisation de ces renseignements ».

Une protection ?

Selon Véronique, Revenu Québec, à l’image du Mouvement Desjardins et de Capital One qui ont aussi été victimes d’une fuite, devrait songer à offrir une protection contre le vol d’identité aux personnes touchées.

L’Agence répond qu’elle n’écarte pas la possibilité de mettre en place « des mesures d’accompagnement ». Elle souhaite toutefois voir l’évolution de l’enquête avant de prendre une décision.

Mercredi, Revenu Québec n’a pas voulu émettre de commentaire sur la période jusqu’où peut remonter la fuite afin de ne pas nuire à l’enquête en cours.

Selon le président-directeur général d’EVA-Technologies, une firme en cybersécurité, il n’est pas normal qu’une organisation conserve des données sensibles aussi longtemps.  
«Cela démontre que Revenu Québec ne fait peut-être pas le ménage dans ses données. C’est très typique des entreprises», affirme Éric Parent, qui est en faveur d’une réglementation pour mieux encadrer la protection des données. «Lors d’une brèche, cela augmente les données disponibles pour le fraudeur», poursuit-il.