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De l’hébergement pour sortir des femmes de la prostitution

La Maison de Marthe reçoit un financement de près de 1 M$ sur 5 ans

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La Maison de Marthe à Québec sera en mesure d’élargir sa gamme de services aux femmes qui veulent se sortir de la prostitution en offrant de l’hébergement à celles qui en ont besoin.

Le gouvernement fédéral a confirmé jeudi des subventions totalisant plus de 3,3 millions de dollars à dix organismes du Québec dans le cadre du programme de promotion de la femme, qui vise plusieurs objectifs tels que l’élimination des inégalités, de la violence, l’amélioration de la sécurité et de la prospérité économique.

La Maison de Marthe, qui travaille avec les survivantes de la prostitution et celles qui tentent d’y échapper, s’est vu confirmer une aide de 950 000 $ sur cinq ans.

Pour la directrice de la Maison, Ginette Massé, cette confirmation arrive à point, car les besoins sont nombreux. La prostitution est un fléau qui frappe de plus en plus de jeunes.

« Les femmes commencent à faire de la prostitution plus jeunes. Elles sont recrutées dès l’âge de douze ou treize ans. Lorsqu’elles arrêtent, elles sont tellement polytraumatisées qu’elles vivent longtemps avec les conséquences de la prostitution », affirme Mme Massé.

Chaque année, l’organisme vient donc en aide à une cinquantaine de femmes d’âge adulte. Quand on accompagne des femmes, c’est à petits pas », dit-elle.

Bâtiment résidentiel

À partir de 2021, l’organisme prévoit être en mesure d’offrir de l’hébergement de longue durée aux femmes qui sortent de la prostitution. Pour l’instant, le projet prévoit l’aménagement de six à huit chambres dans un bâtiment résidentiel sécuritaire et confidentiel.

Étant donné que le processus de sortie de la prostitution peut être long et complexe, une durée de séjour de 90 à 180 jours a été établie de façon préliminaire pour offrir une période d’hébergement supérieure à celle normalement octroyée dans d’autres ressources généralistes.

« Nous voulons ainsi maximiser les chances de succès des femmes dans leurs démarches de reconstruction de soi », a ajouté Mme Massé.

Durant leur séjour, les femmes suivront les programmes et les ateliers offerts à La Maison de Marthe tout en recevant un soutien psychosocial personnalisé et de l’accompagnement dans toutes les démarches associées au processus de sortie de la prostitution.

« Pour le moment, on offre des services externes seulement. Notre but, c’est de jumeler notre modèle d’intervention avec l’hébergement. Quand elles arrêtent de faire de la prostitution, elles n’ont plus de réseau. »

« C’est une clientèle qui est lourdement hypothéquée », a partagé la directrice.

L’aide annoncée permettra également à l’organisme, fondé par Rose Dufour, l’ajout de ressources pour offrir du soutien le soir, la nuit et les fins de semaine.