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Encore une amende pour le roi des calèches

Encore une amende pour le roi des calèches
Étienne Paré

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La toute dernière saison des calèches à Montréal se termine mal pour le propriétaire de Calèches Lucky Luc, qui a encore écopé d’une amende de 741 $ pour avoir laissé circuler ses chevaux alors que la température était trop élevée.

«La température était de 29 degrés lorsque l’inspecteur [...] a observé le cheval “Fred” attelé à une calèche transportant des touristes sur une promenade dans le Vieux-Montréal», peut-on lire dans un jugement émis par le juge Randall Richmond.

Surnommé le «roi des calèches», Luc Desparois soutient avoir tout fait pour contacter son cocher le 15 juillet 2018 lorsqu’il a constaté que le mercure dépassait la limite mise en place par la Ville, soit 28 degrés Celsius.

Pour s’assurer que ses cochers respectent le règlement, il surveillait lui-même la température, et les contactait individuellement sur leurs téléphones cellulaires pour les avertir, a-t-il affirmé en entrevue téléphonique avec le «24 Heures».

«Cette journée-là, on a appelé le cocher 13 fois, a-t-il juré, ne cachant pas son désagrément d’être le seul à avoir reçu une amende dans cette histoire. C’est complètement injuste! Moi, j’ai fait ma part.»

Un système inadéquat

Or, selon le juge, le système mis en place par Luc Desparois était inadéquat puisque les cochers se devaient de respecter le même code de la sécurité routière que les automobilistes.

«Tout reposait sur l’utilisation d’un téléphone cellulaire que le cocher n’avait pas le droit d’utiliser en conduisant. Et la promenade pouvait durer 30 minutes, 60 minutes, ou plus», peut-on lire dans le jugement écrit.

Ainsi, même s’il n’était pas le cocher de la calèche au moment des faits, il était de la responsabilité de M. Desparois de veiller au bon fonctionnement de son système et au bien-être de son cheval, puisqu’il lui appartenait et qu’il en était l’exploitant, estime le juge Richmond.

Une dernière saison

L’amende survient vers la fin de la toute dernière saison des calèches à Montréal, puisque la Ville a adopté en juin 2018 un règlement pour interdire la présence de calèches sur son territoire dès 2020.

Plusieurs événements médiatisés et de nombreuses plaintes de citoyens avaient servi à appuyer cette décision, remettant en doute les conditions de vie et le bien-être des animaux.

Malgré cela, pour le roi des calèches, la décision de la Ville devrait être portée en appel.

«On n’a pas le choix, c’est notre vie, c’est notre gagne-pain [...]. Elle nous coupe tout avec ce règlement-là», a-t-il dénoncé.