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Plan d’immigration de la CAQ: le ton monte entre Jolin-Barrette et le représentant de l’ONU

Jean-Nicolas Beuze, représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés
Photo d'archives Agence QMI, TOMA ICZKOVITS Jean-Nicolas Beuze, représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

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Le ministre Simon Jolin-Barrette a rabroué jeudi le représentant des Nations unies, qui lui reproche de voir les réfugiés comme un fardeau. 

Jean-Nicolas Beuze, du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a fait le voyage depuis Ottawa, jeudi, pour prier les élus québécois de ne pas réduire le nombre de réfugiés accueillis par la province au profit des immigrants économiques, comme le propose la CAQ.  

«Le Québec a une longue tradition de solidarité envers les réfugiés en danger à l'étranger», a-t-il rappelé.  

Lors de son intervention en commission parlementaire sur le plan d’immigration caquiste, M. Beuze a déploré que l’apport économique des réfugiés soit sous-estimé. 

Les réfugiés ont le plus haut taux d’adoption de la citoyenneté parmi toutes les catégories d’immigrants et développent un fort sentiment d’appartenance à leur terre d’accueil, a insisté le représentant de l’ONU.    

Le ton monte  

«Cette dichotomie qui tend à dire que les réfugiés sont un poids, comme vous essayez de le souligner en ce moment, ce n’est pas forcément la réalité que l’on voit quand on regarde les bénéfices économiques et sociaux», a lancé Jean-Nicolas Beuze au ministre Simon Jolin-Barrette.  

Piqué au vif, le ministre caquiste s’est défendu d’avoir associé cette catégorie d’immigrants à un fardeau pour la société québécoise. «Les propos que vous me prêtez ne sont pas acceptables, a-t-il réagi, visiblement irrité. Vous faites beaucoup de raccourcis». 

Au sortir de la commission parlementaire, M. Jolin-Barrette a salué la générosité des Québécois. «Avec les migrants, au cours des dernières années, le Québec a fait plus que sa part au niveau de l’accueil. On leur a offert un panier de services, ça a entraîné des centaines de millions $ de dépenses pour le gouvernement du Québec», a-t-il martelé.   

«Malaisant»  

Avec un discours axé uniquement sur les coûts reliés à l’accueil des réfugiés, le ministre Jolin-Barrette a effectivement pu laisser entendre que cette catégorie d’immigrants est moins souhaitable, a convenu le député solidaire Andres Fontecilla.  

«[Simon Jolin-Barrette] a insisté sur un côté de la médaille, qui est le fardeau financier. Mais ce fardeau financier est largement compensé, à long terme, par les bénéfices, ne serait-ce que fiscaux, des réfugiés», a renchéri l’élu de Québec solidaire. 

M. Fontecilla n’a pas apprécié le ton adopté par le ministre lorsqu'il s'est adressé au représentant des Nations unies. «C’était malaisant.» 

Rappelons que le gouvernement Legault a réduit cette année à 40 000 les seuils d'immigration. La CAQ propose de hausser graduellement le nombre d'immigrants reçus jusqu'à 52 000 en 2022.  

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