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Affrontements au Cachemire indien avant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU

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Srinagar | Des heurts ont opposé vendredi des centaines de manifestants à la police dans la partie du Cachemire contrôlée par l’Inde, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a démarré une réunion à huis clos au sujet de ce territoire que le Pakistan revendique également. 

Le premier ministre pakistanais Imran Khan s’est entretenu avec le président américain Donald Tump en amont de cette réunion, la première depuis des décennies ayant trait à cette région montagneuse très majoritairement peuplée de musulmans pour laquelle Inde et Pakistan se sont déjà livré deux guerres. 

Le chef du gouvernement pakistanais a «exposé en détail le point de vue du Pakistan au président Trump», les deux dirigeants ayant décidé «qu’ils resteraient en contact constant», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi lors d’une conférence de presse. 

Vendredi, New Delhi a également laissé entendre qu’elle pourrait remettre en cause sa doctrine de non recours en premier à l’arme nucléaire, dans un contexte de tension accrue avec le Pakistan. «L’Inde a strictement adhéré à cette doctrine. Ce qui se produira à l’avenir dépend des circonstances», a averti le ministre indien de la Défense Rajnath Singh. 

Mercredi, Imran Khan avait affirmé que son armée était «prête» à «donner une réponse ferme» aux forces indiennes si elles décidaient d’intervenir dans la partie du Cachemire contrôlée par le Pakistan.  

Les affrontements ont eu lieu à Srinagar, capitale du Cachemire indien, alors que l’Inde a assoupli certaines restrictions imposées à la circulation dans cette zone. Le téléphone et Internet restaient toutefois coupés pour le douzième jour consécutif. 

Black-out

Un black-out sur les communications et de fortes restrictions à la circulation avaient été imposés le 4 août, la veille de l’annonce de la révocation du statut d’autonomie de cette région.  

Redoutant des manifestations de masse, quelque 80.000 paramilitaires supplémentaires y ont été déployés pour surveiller la mise en oeuvre de la décision surprise du Premier ministre Narendra Modi. Un demi-million de soldats y sont en temps normal déjà stationnés. 

Vendredi à Srinagar, des centaines de manifestants ont affronté la police, qui a fait usage de gaz lacrymogène et de projectiles de petit calibre pour les disperser, selon un journaliste de l’AFP. 

Les manifestants tentaient de défiler dans l’artère principale, lançant des pierres sur la police tout en se protégeant avec des boucliers improvisés, tandis qu’un drone survolait la zone. 

«Nous essayons de briser le siège et de nous rendre dans le centre-ville, mais la police utilise la force pour nous en empêcher», a indiqué à l’AFP un manifestant. 

Le mouvement ne cessera pas «tant que nous n’aurons pas obtenu une indépendance complète de l’Inde», a averti un autre protestataire. 

À Srinagar, Jama Masjid, la plus grande mosquée de la région himalayenne d’une capacité de plus de 30.000 fidèles, est restée fermée vendredi, jour de prière pour les musulmans, a précisé à l’AFP un haut responsable de la police au Cachemire, Mounir Khan. 

Assouplissements

La population n’est autorisée à prier que dans des mosquées plus petites afin d’éviter des rassemblements trop importants. Le gouvernement a confirmé que des affrontements avaient eu lieu après la prière musulmane de vendredi dernier. 

«Il faut comprendre que les restrictions et les assouplissements dépendent des zones, on ne peut pas les généraliser», a ajouté M. Khan.  

Par le biais d’une annonce radio, l’État a ordonné aux employés de l’administration de se présenter au travail à partir de vendredi, a rapporté l’agence de presse Press Trust of India (PTI). 

Les commerces et autres activités d’affaires restaient fermés. Quant aux écoles encore closes, les autorités envisages de les rouvrir la semaine prochaine dans la vallée, selon PTI, qui cite un fonctionnaire sans le nommer. 

Selon ce fonctionnaire, la situation dans la vallée du Cachemire est surveillée en temps réel, et la décision de retirer les forces de sécurité dépend de la situation sur le terrain.  

«Nous prenons des dispositions pour que tous les bureaux du gouvernement commencent à fonctionner normalement à partir de lundi», a-t-il déclaré. «Même si les services téléphoniques doivent être rétablis, ils le seront de manière progressive». 

Plusieurs manifestations s’étaient déjà tenues malgré le black-out, dont une ayant rassemblé environ 8000 personnes. 

D’après la presse indienne, les autorités ont arrêté quelque 500 personnes, parmi lesquelles des politiciens cachemiris, des professeurs d’université, des chefs d’entreprise et des militants. Un journaliste a également été interpellé mercredi soir, a rapporté le quotidien Indian Express.