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Ces humoristes français qui veulent conquérir le Québec

Les humoristes européens Éric Antoine, Michel Boujenah et Thomas Wiesel étaient réunis, hier, lors d'un dîner à l'espace MiHa!M des villages ComediHa!.
Photo Pascal Huot Les humoristes européens Éric Antoine, Michel Boujenah et Thomas Wiesel étaient réunis, hier, lors d'un dîner à l'espace MiHa!M des villages ComediHa!.

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Le Suisse Thomas Wiesel est passionné par le Québec. Tellement que l'humoriste, entre ses visites estivales annuelles dans le circuit des festivals, lit les journaux d’ici pour suivre l’actualité. Même si, «dans l’absolu», il rêve d’une tournée québécoise, l’humoriste de 30 ans avoue que la conquête de notre marché peut faire peur à certains. 

Depuis quelques années, Thomas Wiesel vient chaque été faire sa tournée du circuit des festivals québécois, au grand plaisir des festivaliers qui apprécient son humour «punché». Mais la conquête s’arrête là: jamais il n’a fait de tournée au Québec. 

«Un jour, peut-être», confiait-il au Journal, hier, au cours d’un dîner à l’espace MiHa!M des villages ComediHa! qui rassemblait quelques humoristes européens devant se produire au ComediHa! Fest, dont Michel Boujenah et Éric Antoine. 

Les humoristes européens Éric Antoine, Michel Boujenah et Thomas Wiesel étaient réunis, hier, lors d'un dîner à l'espace MiHa!M des villages ComediHa!.
Photo Pascal Huot

«Mais c’est un peu effrayant, la taille de votre province, a-t-il ajouté. Rien que les villes, j’ai l’impression qu’elles font la taille de mon pays. Mais c’est dur de générer la demande sans être présent à temps plein. Soit que tu es une grosse vedette en France et que ça te permet de traverser un petit peu, soit que tu es présent ici tout le temps, comme Jérémy Demay, par exemple.» 

Pourtant, la connexion se fait avec le public chaque fois qu’il passe ici. «Je fais un travail de recherche qui est apprécié, je crois. Je suis l’actualité québécoise, même quand je rentre en Suisse. J’arrive ici et je peux faire des blagues sur Desjardins ou Éric Salvail. Les gens sont surpris.» 

Plusieurs défis 

La jeune humoriste Laura Laune, qui a remporté La France a un incroyable talent en 2017, aimerait bien, elle aussi, séduire le public d’ici. La Belge, qui donne dans l’humour trash, s’est produite au Québec pour la première fois en 2013 et sera à l’Olympia de Montréal cet automne dans l’espoir d’investir davantage le territoire québécois. 

«J’adore jouer ici, je trouve que le public est hyper-chaleureux, a-t-elle confié. Mais il faut s’imprégner de la culture. Dans mon spectacle, j’ai beaucoup de références françaises. C’est tout un travail d’adaptation, mais c’est intéressant à faire.» 

Quant à l’humoriste et magicien Éric Antoine, qu’on a vu à l’émission La magie des stars diffusée à TVA, il vient se produire au Québec depuis 10 ans. En France, cette année, il a rempli 50 Zénith à 6000 personnes tous les soirs, précise-t-il. «J’arrive ici et on va faire des salles de 200 places. C’est un défi professionnel, mais la relation s’amplifie à chaque fois. Je suis venu pour la première fois il y a 11 ans, dans le cadre du 400e de Québec. Je ne comprenais pas encore cette écriture spécifique au Québec, le timing, la pensée, le découpage. 

«Maintenant que je l’ai, je suis plus à l’aise et c’est vachement intéressant, professionnellement», laisse tomber celui qui allie brillamment l’humour et l’illusion, abordant sans tabou des thèmes comme la mort ou la religion. 

Le spectacle qu’il présente ces jours-ci au Cégep Limoilou, dans le cadre du ComediHa!, est un «best of» des quatre spectacles solos qu’il a créés dans sa carrière. 

Michel Boujenah, quant à lui, vient au Québec depuis 30 ans. D’ailleurs, il entamera à l’automne une tournée de 15 spectacles à travers la province. Quel conseil le vétéran donne-t-il aux humoristes français qui tentent de percer ici? Ne pas se dénaturer en voulant trop adapter leur matériel, dit-il. 

«Essayer d’adapter son humour systématique au Québec, c’est une connerie. Oui, j’ai adapté, parfois, en me moquant de votre accent, mais ce n’est pas ça qui a fait que les gens m’aiment bien ou pas, ici. Ce qu’ils aiment, c’est mon travail. Je pense qu’il faut être soi-même, partout. Ce qui est beau, c’est quand tout le monde parle de sa culture. Et on se retrouve toujours quelque part.»