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Des pertes réelles à très court terme pour les producteurs laitiers

Industrie laitière
Photo Jean-François Racine Anthony Boutin, Bertrand Boutin et Marie-Christine Leclerc, de Saint-Georges, en Beauce, évitent de se réjouir trop vite, mais ils accepteront bien sûr l’aide financière d’Ottawa parce que des pertes importantes sont prévisibles à court terme.

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Des producteurs laitiers de la Beauce accepteront avec plaisir l’aide financière d’Ottawa parce que des pertes importantes sont prévisibles à court terme en raison des derniers accords commerciaux.

Avec ses fils, Bertrand Boutin accueillera bientôt une 4e génération qui pourrait poursuivre les activités de la ferme familiale. Depuis quelques années, la situation est plus difficile, mais la passion n’a pas disparu.

«C’est un petit pansement, mais si tu enlèves le plaster, la cicatrice est encore là», lance Anthony Boutin.

La famille, qui possède 110 bêtes, évalue à environ 10 % les pertes anticipées à la suite des nouvelles ententes. Pour leur ferme, c’est quelques dizaines de milliers de dollars en moins, peut-être jusqu’à 50 000 $.

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Une surprise

«On se disait qu’ils ne pouvaient pas émettre des chèques directement aux producteurs alors ils ont peut-être trouvé un moyen. Ça me surprend bien gros. Il y a 3,9 milliards $ prévus au budget et ça pourrait s’échelonner sur plusieurs années. Il a besoin d’un boom politique», affirme le septuagénaire Bertrand Boutin en parlant du gouvernement Trudeau.

«Ils vont en sortir, des bonnes nouvelles, d’ici le 21 octobre!» ajoute sa conjointe Dorothée Bourque, bien au fait de la campagne électorale qui s’amorce.

Insuffisant

M. Boutin s’attendait toutefois à une annonce. Sans connaître les détails, il ne croit pas que ce sera suffisant pour le convaincre de voter pour le premier ministre sortant cet automne. Et encore moins pour Maxime Bernier, qui ne semble toujours pas s’être réconcilié avec les producteurs locaux.

«On avait parlé de compensation, mais ce n’est jamais ça que nous avons voulu parce qu’il nous a trahis, Trudeau. Il avait dit qu’il ne toucherait pas à la gestion de l’offre. Ils ont cédé à la dernière minute en Europe et ils ont cédé avec les Américains. Ça va se traduire autour de 10 % de notre marché. Le dommage n’est pas instantané, mais ça va venir. On a les normes les plus sévères au monde pour faire du lait», ajoute le producteur et ancien ambassadeur de l’UPA.

Un siècle de travail

Natif de Saint-Jean-de-la-Lande, près de Saint-Georges, Bertrand Boutin est le benjamin d’une famille de douze enfants. Ils sont établis à cet endroit depuis un siècle.

«Je suis né ici. J’allais dans le bois aux États-Unis pour bûcher. On essayait de survivre. On a commencé avec trois petites vaches et un vieux cheval. Ce n’était pas rose, mais c’est ancré en nous. Tu ne peux pas fermer ça. On est tellement attaché. Impossible de se faire à l’idée. C’est dans tes tripes. Et les coupures font toujours mal.»