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La faute grave de Trudeau

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Est-ce que la fin justifie les moyens ?

En gros, voilà la question que nous devrions collectivement nous poser concernant notre jugement de Justin Trudeau dans l’affaire SNC-Lavalin.

Car au cœur du scandale, c’est cet élément qui est le plus fondamental. À mon sens, la réponse est : NON ! En insistant sur les majuscules et le point d’exclamation.

Juste chez nous

Il n’y a pas de doute que le rapport dévoilé mercredi par le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique est dévastateur. C’est un observateur neutre, indépendant et crédible qui est venu nous dire, à l’extérieur du terrain de la partisanerie, que le premier ministre avait exercé des pressions indues, violant ainsi la loi.

Cela crée tout un émoi. Chez nous, on peut même parler d’étonnement. Pourtant, il n’y a rien de nouveau là-dedans. Ce sont des éléments qui avaient été clairement établis au cours des derniers mois. Malgré tout, au Québec, il semble que le narratif public était imperméable à ces constats.

Parce que pour bien des gens, nous devions uniquement penser à notre nombril et aux fameux emplois. Qui plus est, quiconque accordait davantage d’importance aux questions relatives à l’éthique lousse du PM était taxé d’insensibilité envers le Québec. « C’est ça, encore du Québec bashing ! »

La loi

Je m’excuse, mais je ne peux pas m’astreindre à un tel raisonnement. Bien évidemment, personne ne veut du mal aux employés de SNC. Mais d’abord et avant tout, je m’attends de mon premier ministre à ce qu’il respecte les lois. Particulièrement lorsqu’il est question de l’indépendance de notre système judiciaire. De la séparation entre le politique et le légal. De la primauté du droit.

Justin Trudeau voulait peut-être protéger des emplois, mais la fin ne peut absolument pas justifier les moyens. Le premier ministre a commis une faute. Et elle est extrêmement grave.