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Le Canada forcé de s’occuper d’un ancien combattant de l’État islamique

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Un ancien combattant de l’État islamique, qui possédait les nationalités britannique et canadienne, vient de se voir retirer sa citoyenneté par le Royaume-Uni, ce qui laisse présager une possible dispute diplomatique avec le Canada.

Jack Letts, un homme de 24 ans converti à l’islam, habitait dans la région d’Oxford, en Angleterre, quand il est parti rejoindre le djihad en Syrie, se déclarant «ennemi du Royaume-Uni».

Détenu depuis 2017 par les forces kurdes, qui ont pris le dessus sur l’État islamique en Syrie, Jack Letts a demandé au Royaume-Uni d’être rapatrié.

Dans son édition de dimanche, le Daily Mail a cependant révélé que le gouvernement britannique a déchiré son passeport. Comme les conventions internationales interdisent de laisser des gens apatrides, le Canada est maintenant le seul pays à être responsable de Jack Letts, dont le père, John, est canadien.

Les autorités kurdes pourraient donc sommer le Canada de le rapatrier au pays, où il pourrait être jugé. En mars dernier, la Gendarmerie royale du Canada dénombrait une douzaine de ressortissants canadiens, comme Jack Letts, emprisonnés en Syrie et en Irak à la suite de la chute du califat.

Toujours selon le Daily Mail, cette décision, qui aurait été prise dans les derniers jours du gouvernement de Theresa May, a énormément choqué Ottawa.

Le premier ministre Justin Trudeau doit rencontrer son homologue Boris Johnson la fin de semaine prochaine lors du G7, en France, mais des sources au sein du ministère de l’Intérieur britannique ont déjà indiqué au Daily Mail qu’il n’allait pas revenir sur son choix de retirer la citoyenneté britannique à Jack Letts.

Dans l’article du Daily Mail, on peut aussi lire que cette décision aurait pu être motivée par le refus du Canada de s’engager à appliquer automatiquement au Royaume-Uni, après le Brexit, le récent accord commercial conclu avec l’Union européenne (AECG).