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Quand un groupe rock prend possession d’une église

Ils ont aménagé un studio d’enregistrement professionnel

Église
Caroline Lepage Jeff Beaulieu, Ben Lemelin, Sef et les autres membres du groupe s’autoproduisent dans leur studio d’enregistrement, qui est complètement insonorisé.

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DRUMMONDVILLE | Quand le groupe rock Your Favorite Enemies s’est porté acquéreur de l’église Saint-Simon, à Drummondville, il s’est engagé à respecter les nombreuses clauses au contrat de vente, dont l’interdiction de transformer le lieu de culte en bar de danseuses.

L’église Saint-Simon de Drummondville et son presbytère ont été vendus en 2009.
Photo collaboration spéciale, Caroline Lepage
L’église Saint-Simon de Drummondville et son presbytère ont été vendus en 2009.

Les membres du groupe alternatif, qui ont mené plusieurs tournées à l’étranger, se sont sentis chez eux quand ils ont visité l’église Saint-Simon, qui était à vendre.

Après un an de négociation avec les autorités religieuses, le band a conclu une entente, en 2009, et a pu habiter dans le presbytère ainsi que le lieu de culte qui a été désacralisé.

Règlements

« C’était un méga contrat interminable. [...] On avait un paquet de règlements à respecter », illustre le guitariste Jeff Beaulieu.

Par exemple, les nouveaux propriétaires de l’église ne pouvaient pas demander de permis permanent d’alcool ou y pratiquer une autre religion. Ils devaient retirer l’énorme croix sur le clocher, etc.

« Il a fallu la scier. Ça faisait des flammèches [...] C’était comme dans un film de Stephen King », se souvient-il.

 Le chœur de l’église sert de scène de pratique au groupe Your Favorite Enemies. Des panneaux sonores ont été ajoutés sur les murs et les plafonds de la grande salle de l’église pour enlever la réverbération.
Photo collaboration spéciale, Caroline Lepage
Le chœur de l’église sert de scène de pratique au groupe Your Favorite Enemies. Des panneaux sonores ont été ajoutés sur les murs et les plafonds de la grande salle de l’église pour enlever la réverbération.

L’opération manquait visiblement de discrétion pour ces six musiciens qui ne voulaient pas débarquer comme des rock stars, surtout que leur arrivée dans le quartier soulevait de l’appréhension.

Le vent a vite tourné en leur faveur lorsqu’ils ont dénoncé les activités illicites qui se déroulaient dans le stationnement de l’église, la nuit, comme la prostitution, le trafic de drogue ou le vol de voitures. « On a fait le ménage [...] C’est là qu’on a commencé à être appréciés », constate le guitariste.

Ces adeptes de l’autosuffisance gèrent eux-mêmes leur carrière musicale, et se partagent les tâches communes. Ils ont peint les nombreuses pièces de l’église et du presbytère, acquis au coût de 200 000 $.

Ils estiment avoir déboursé le double, en dix ans, pour les rénovations requises. Un studio d’enregistrement professionnel a aussi été aménagé.