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Trafic et travaux sur Sainte-Catherine

1964

Trafic et travaux sur Sainte-Catherine
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM94-C0499-006.

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Aujourd'hui
Photo Pierre-Paul Poulin
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CHEZ BLUMENTHAL

En 1910, on voit apparaître un bel édifice à la mode des gratte-ciel de Chicago, tout orné de céramiques blanches, au coin de la rue Balmoral. Il est destiné à accueillir l’entreprise J.H. Blumenthal & Sons, des détaillants de vêtements et costumes surtout masculins, en affaires depuis 1867 avec le slogan « de bons vêtements, rien d’autre ». Dans l’après-guerre, les choses changent : on y trouvera une épicerie Steinberg ! En 1964, le rez-de-chaussée est occupé par le snack-bar Regent et des bureaux de la banque Toronto Dominion, mais tout le reste de l’édifice garde sa fonction ancienne en abritant des importateurs de tissus et de draperies ainsi que des manufacturiers de boutons ou de vêtements. On y trouve même des marchands de fourrures ! De nos jours, l’édifice accueille la maison du jazz et la salle de spectacle L’Astral, entre autres.

VOIRIE, ASPHALTE ET CONSTRUCTION

La circulation des grosses cylindrées est ralentie sur Sainte-Catherine à hauteur du grand magasin Woodhouse, près de la rue Saint-Urbain, en ce beau vendredi d’octobre. Comme quoi les travaux de réfection du revêtement sont un classique montréalais ! Le rouleau vient tout juste d’aplatir le macadam : les ouvriers pourront bientôt retirer les barrières, ancêtres des cônes orange. Sainte-Catherine, dont les voies vont alors dans les deux directions, retrouvera sa fluidité habituelle. Mais le secteur n’est pas au bout des travaux qui vont le transformer dans les années qui viennent. Juste au-delà de Woodhouse, on a récemment démoli les édifices qui bordaient le côté nord la rue jusqu’à l’édifice Blumenthal. La toute nouvelle Place des Arts, inaugurée en septembre 1963, fêtera bientôt sa première année d’existence. Elle est pour l’instant encore la seule salle de l’ensemble qu’on connaît aujourd’hui. Le second édifice, inauguré en 1967, accueillera entre autres le théâtre Maisonneuve. Quant au Complexe Desjardins, il ne sera complété qu’en 1976.

LA PLUME ROUGE, ORGANISME DE CHARITÉ MONTRÉALAIS

Sur ce petit panneau, un symbole oublié, mais dont la signification était fort importante en son temps. Depuis 1922, le « Red Feather United Services », ou Services unis de la Plume Rouge, regroupe des organismes de charité et de bienfaisance anglo-protestants, à une époque où l’État québécois n’a pas encore nationalisé les services de santé. Depuis le XIXe siècle, des sociétés de philanthropie offraient aux Montréalais de confession protestante des services qui, du côté des catholiques francophones ou anglophones, étaient souvent prodigués par les congrégations religieuses. Les organismes de la Plume Rouge ne font cependant pas de distinction et ouvrent leurs portes à tous. Certains organismes proposent des services avant-gardistes pour leur époque : centres diététiques, garderies, cliniques de santé mentale et l’une des premières écoles de service social, intégrée depuis à l’Université McGill. Les structures érigées et consolidées par la Plume Rouge sont cédées au gouvernement du Québec en 1966 pour être intégrées au système de santé. Les organismes restants se joignent à Centraide en 1974.