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Une prime pour garder les conducteurs d’autobus scolaire

Le gouvernement envisagerait cette solution pour attirer des travailleurs

Le recrutement est un enjeu pour Édith Rowley, directrice chez Autobus Rowley. Heureusement, elle peut compter sur l’appui de conducteurs comme Gaétan Beaulieu.
Photo Jean-François Desgagnés Le recrutement est un enjeu pour Édith Rowley, directrice chez Autobus Rowley. Heureusement, elle peut compter sur l’appui de conducteurs comme Gaétan Beaulieu.

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Les années à venir seront décisives pour le transport scolaire au Québec où l’âge moyen des conducteurs est à la hausse.

Selon les estimations de Camo-route, le comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du transport routier, il y avait 595 postes vacants dans le domaine du transport terrestre de passagers au premier trimestre 2019 au Québec, dont 48 % dans le transport scolaire.

Édith Rowley, directrice d’Autobus Rowley, à Québec, compte parmi ses conducteurs de fidèles employés, mais pour combien de temps ? Sur 50 chauffeurs, près de 40 % ont plus de 65 ans. Plusieurs ont même 70 ans et plus.

« On ressent les effets de la pénurie de main-d’œuvre, mais ça va être encore plus flagrant dans quelques années, car dans notre domaine, on travaille beaucoup avec des retraités. C’est ça qui est inquiétant. Qui va remplacer ces gens-là ? » s’interroge-t-elle.

Le directeur général de Camo-route, Bernard Boulé, partage cette inquiétude.

« On se rend compte que la moyenne d’âge est vraiment plus élevée que l’ensemble des travailleurs au Québec », dit-il.

Modèle ontarien

« Jusqu’à date, on a réussi à s’en tirer, mais on arrive dans le mur », poursuit Luc Lafrance, président-directeur général de la Fédération des transporteurs par autobus.

Selon lui, le Québec aurait avantage à s’inspirer de ce qui se fait en Ontario, où le ministère des Transports verse deux fois par année une prime de 1200 $ aux conducteurs pour favoriser la rétention de personnel.

M. Lafrance affirme que ce modèle est analysé par un comité de travail, mis en place par le ministère de l’Éducation au printemps dernier, dont le mandat est de trouver des solutions pour rendre le métier de conducteur d’autobus scolaire plus attrayant au Québec. Environ 10 000 personnes occupent cet emploi dans la province.

Exigences élevées

Par rapport au salaire, Mme Rowley reconnaît que les exigences sont élevées. Les conducteurs d’autobus scolaire doivent posséder un permis de conduire de classe 2, un dossier criminel sans tache, un dossier de conduite exemplaire et un cours de premiers soins.

De plus, ils doivent être prêts à travailler avec des horaires coupés et, parfois même, faire de la discipline pour faire respecter l’ordre.

Tout ça pour un salaire variant de 15 $ à 23 $ l’heure, selon les employeurs, et des semaines de travail de 20 à 25 heures.

« On ne peut plus attendre que les gens viennent appliquer. Maintenant, c’est plus que ça. On assume les coûts de formation à l’interne. Ça aide, mais il faut en faire », ajoute André Southière, directeur d’Autobus Rive-Sud et Autobus Longueuil, où on a mis en place différentes mesures pour tenter de contrer le problème.