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Distillerie et minigolf pour sauver la maison de Dieu

Certaines conversions d’églises en des lieux profanes sont plutôt réussies, a constaté Le Journal

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Résidences privées, commerces ou bibliothèques, certaines églises désaffectées sont devenues de vrais petits bijoux grâce à l’imagination de leurs propriétaires.  

 

Dans son édition d’hier, Le Journal levait le voile sur la situation désolante des églises québécoises.  

 

Sur les 2746 bâtiments religieux recensés en 2003 par le Conseil du patrimoine religieux, 612 ont depuis été réduits à l’état profane, dont une centaine qui ont été détruits. La majorité de ces lieux de culte ont toutefois été recyclés. Et certaines de ces conversions créent des lieux tout à fait inusités.  

 

C’est notamment le cas de l’église Saint-James à Percé, devenue une distillerie. Quatre entrepreneurs ont ainsi sauvé l’église in extremis pour y établir la distillerie de la Société secrète.  

 

 La hauteur du bâtiment a permis d’y installer un alambic de sept mètres de haut, mais surtout de «créer un lieu improbable», explique le copropriétaire Mathieu Fleury.  

 

«On a construit une grosse partie de notre branding là-dessus, dit-il, et tout un aspect touristique s’est développé autour de notre business.»  

 

Des commerces  

 

À Coaticook, l’église Saint-Marc a quant à elle été transformée en club de minigolf intérieur. Depuis huit ans, le Glo Golf Aventures occupe l’espace de cet ancien lieu de culte catholique.  

 

Le faible coût d’acquisition de son église et un logement construit dans la sacristie ont permis à Guillaume Poulin de garder son entreprise rentable malgré l’ampleur des coûts de chauffage et d’entretien.  

 

L’École de cirque de Québec, qui permet aux trapézistes de s’entraîner même l’hiver grâce aux hauts plafonds de l’ancienne église Saint-Esprit, est un autre exemple de reconversion réussie, selon plusieurs observateurs.  

 

L’immeuble n’est toutefois pas inventorié par le Conseil du patrimoine, puisqu’il a été fermé avant 2003.  

 

Une maison

Quelques églises ont aussi été transformées en maison avec succès comme l’ancienne église Saint-Médard à Les Coteaux, en Montérégie, achetée il y a sept ans par Harmony Hubert et son conjoint. Malgré la grandeur du bâtiment, le couple a voulu garder l’aspect d’origine de l’intérieur.  

 

Seul le jubé a été transformé pour faire les chambres. «Je peux faire du vélo dans l’église, j’en fais d’ailleurs», lance en riant Mme Hubert. Elle adore l’aspect «loft» de sa maison, «un cubicule vraiment paisible».

Le couple a réussi à limiter les coûts de chauffage grâce à un système de géothermie. Autrement, chauffer un tel bâtiment pourrait coûter jusqu’à 15 000 $ par année en mazout, confie la propriétaire.  

 

 

Des joyaux classés monument historique du Québec  

 

 

Cathédrale du Christ-Roi  

 

 Gaspé

Photo courtoisie

  

  •  Construction 1969   

  

  •  Monument national classé du Québec   

 

 Vêtue de lattes de cèdre rouge, elle représente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale, mais la fabrique a eu plusieurs difficultés financières au cours des années.  

 

 

 Cathédrale d’Amos  

 

 Amos 

Photo courtoisie

  

  •  Construction 1923   

  

  •  Monument historique classé du Québec   

 

 Ce temple a été érigé alors qu’Amos ne comptait que 2500 habitants et que le seul lien était la rivière ou le chemin de fer.  

 

 

 Chapelle de Tadoussac  

 

 Tadoussac 

Photo courtoisie

  

  •  Construction 1750   

  

  •  Classé immeuble patrimonial   

 

 Plus ancien lieu de culte en bois à subsister au Québec. Construit sur le premier lieu où Samuel de Champlain est arrivé en 1603. Valeur emblématique «extrêmement forte».