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Affaire SNC-Lavalin: Andrew Scheer réclame une enquête criminelle sur Trudeau

Affaire SNC-Lavalin: Andrew Scheer réclame une enquête criminelle sur Trudeau
Photo d'archives, AFP

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 Le chef de l’opposition conservatrice canadienne Andrew Scheer a annoncé lundi avoir demandé à la police de lancer une enquête criminelle sur Justin Trudeau, après sa mise en cause par un rapport officiel l’accusant d’avoir violé la loi sur les conflits d’intérêts. 

 M. Scheer, qui briguera la succession de M. Trudeau lors des prochaines élections législatives en octobre, a écrit lundi à la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) pour lui suggérer d’enquêter sur une possible « obstruction de justice » du Premier ministre. 

 Le Commissaire à l’éthique, un haut-fonctionnaire indépendant, a conclu mercredi que le Premier ministre avait enfreint la loi sur les conflits d’intérêt en faisant pression sur sa ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould pour qu’elle intercède en faveur d’une société québécoise, SNC-Lavalin, afin de lui éviter un procès criminel pour corruption. 

 « Nous savons qu’il a violé la loi » sur les conflits d’intérêts, a déclaré le chef du parti conservateur lors d’une conférence de presse. « Nous devons à présent savoir s’il a commis un crime ». 

 En fin de semaine dernière, Mme Wilson-Raybould a de son côté indiqué que la GRC l’avait contactée en début d’année dans le cadre de cette affaire. 

 « Aujourd’hui, à la lumière des conclusions du Commissaire à l’éthique et des révélations d’une précédente implication de la GRC, j’ai formellement demandé à la GRC de réexaminer » ce cas, a déclaré M. Scheer. 

 M. Trudeau a « assumé ses erreurs » mais a refusé de s’excuser, estimant qu’il avait agi pour « défendre les emplois des Canadiens ». Le rapport du Commissaire à l’éthique a fait l’effet d’une bombe au Canada à deux mois des législatives, qui donnent Libéraux et Conservateurs au coude-à-coude. 

 Le dirigeant conservateur avait déjà réclamé une enquête de la GRC lorsque le scandale SNC-Lavalin avait éclaté en février dernier, en vain. 

 M. Trudeau a toujours nié avoir agi de manière inappropriée, mettant en avant les nombreuses pertes d’emploi liées à une éventuelle condamnation, qui priverait l’entreprise de juteux contrats publics pendant 10 ans. 

 SNC-Lavalin, qui emploie quelque 9.000 salariés au Canada, a été accusé en 2015 d’avoir payé 47 millions de dollars canadiens (31 millions d’euros) en pots-de-vin entre 2001 et 2011 pour obtenir des contrats en Libye pendant le régime de Mouammar Kadhafi. 

 Fin mai, un juge canadien avait statué qu’il existait suffisamment d’éléments à charge pour citer l’entreprise à comparaître.