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La thérapie plutôt que la prison pour un autiste agresseur

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Une juge de Longueuil a donné une deuxième chance à un autiste qui a tenté d’agresser une adolescente de 14 ans, convaincue que la thérapie sera plus efficace pour lui que la prison.

« Si je ne vous envoie pas en détention aujourd’hui, c’est que je suis confiante que vous allez vous investir dans des suivis, pour aller mieux. [...] Si vous allez mieux, la société ira mieux », a insisté la juge Julie-Maude Greffe, en imposant le mois dernier à Yanick Toupin une probation de trois ans.

En juin 2016, l’homme de 39 ans s’en est pris à une adolescente dans les toilettes d’un centre communautaire, à Longueuil. Il l’a surprise en l’agrippant par-derrière, au niveau du torse, l’a soulevée du sol et lui a touché les fesses. La fille de 14 ans a crié, mais Toupin lui a mis une main sur la bouche. Paniquée, elle s’est agitée et a crié plus fort.

Peur de lui-même

C’est à ce moment qu’il l’a lâchée et l’a sommée de rester sur place le temps qu’il s’enfuie. En sortant du centre, la jeune fille s’est empressée d’alerter ses parents ainsi que des joueurs de soccer et de baseball, qui ont encerclé le suspect en attendant l’arrivée des policiers.

Toupin a depuis plaidé coupable à des accusations de contacts sexuels et de séquestration, au palais de justice de Longueuil. L’accusé, qui a un « fonctionnement intellectuel limite », a admis avoir des « idées envahissantes » par rapport à la sexualité.

« Il dit avoir parfois peur de lui-même. Il a donc besoin d’être mieux outillé à l’égard de ses pulsions sexuelles, lesquelles peuvent être [...] parfois déviantes », a relaté la juge, en se référant à des rapports sexologiques élaborés en vue de la sentence.

Graves conséquences

Après son arrestation, l’accusé est resté incarcéré près de huit mois, ce qui a eu un « effet dissuasif » sur celui qui a créé des liens « fort négatifs » avec certains codétenus, a noté la juge.

Elle s’est ainsi ralliée à la suggestion de la défense en misant sur « les nécessaires suivis à la clinique de l’Institut Philippe-Pinel afin de travailler à diminuer les facteurs de risques de récidive ».

Malgré cette deuxième chance, la magistrate a insisté sur les graves conséquences de ce crime sur la jeune victime.

« Elle a eu très peur. Peur de se faire violer, peur de mourir. Elle va mieux aujourd’hui. Elle a été suivie par une psychologue pendant un an et demi ».

« Vous êtes un grand gaillard, a ajouté la juge. Une jeune fille mineure, on ne peut pas s’approcher d’elle comme ça, on ne peut pas poser des gestes comme vous avez posé. Si ça recommence, vous irez en prison. Vous comprenez ? »

Ce à quoi l’accusé a répondu : « Oui, Madame. »

La Couronne suggérait pour sa part une sentence de 18 mois de détention.