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Les cégeps s’attaquent à la réussite de leurs étudiants

La rentrée est prévue ce mercredi au cégep Limoilou, où l’étudiante en sciences humaines Rosalie Deschênes était de passage la semaine dernière pour faire ses achats, à quelques jours du début des classes.
Photo Le Journal de Québec La rentrée est prévue ce mercredi au cégep Limoilou, où l’étudiante en sciences humaines Rosalie Deschênes était de passage la semaine dernière pour faire ses achats, à quelques jours du début des classes.

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Préoccupés par un taux de diplomation qui stagne et la pénurie de main-d’œuvre spécialisée, les cégeps ont entamé un vaste chantier qui vise à améliorer la réussite de leurs étudiants, alors que s’amorce cette semaine la rentrée collégiale.

«Il faut se le dire, le taux de diplomation, malgré les efforts, n’a pas changé depuis 20 ans», lance Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, lors d’un entretien avec Le Journal.

Or, plus de 80% des nouveaux emplois qui se créent au Québec requièrent désormais une formation collégiale ou universitaire, souligne M. Tremblay.

«Si on continue de dire au Québec que si tout le monde obtient son secondaire 5, on va être content, on va être une société en perte de vitesse», affirme-t-il.

Coup de barre

Les cégeps réclament, depuis l’an dernier, une stratégie nationale en enseignement supérieur afin de donner «un coup de barre», une demande qui est jusqu’à maintenant restée lettre morte.

Afin de faire bouger les choses, la Fédération a récemment mis en place un comité de réflexion sur la réussite au collégial, qui vise à identifier des mesures efficaces à mettre en place dans l’ensemble du réseau.

«On a déjà plein d’explications, mais il faut creuser un peu plus, dans la foulée des travaux qui ont été faits au secondaire. Il faut identifier les bonnes causes, voir quelles sont les actions qui ont produit des effets et déterminer si ce sont les bonnes mesures à mettre en place de façon systémique pour être capables d’augmenter notre taux de diplomation», indique M. Tremblay.

Il n’est toutefois pas question pour l’instant de déterminer d’objectif chiffré, comme c’est le cas pour la diplomation au secondaire.

Il existe toutefois plusieurs similitudes avec les réalités vécues au secondaire, puisque les défis entourant la diplomation demeurent particulièrement grands chez les garçons, les étudiants issus de milieux défavorisés et les autochtones, précise M. Tremblay.

Cette initiative est saluée par la Fédération étudiante collégiale, qui compte y participer activement.

«La question de la réussite est un défi dans le réseau collégial. On ne comprend pas pourquoi le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’a pas de plan de match concret ou d’objectif en matière de réussite, c’est un peu incohérent», affirme son président, Philippe Clément.

Pour augmenter le taux de diplomation, les étudiants proposeront notamment de moderniser les cours de littérature et de philosophie de la formation générale collégiale, en misant sur des contenus thématiques.

«Au niveau des contenus, on pense qu’il y a lieu de bonifier et de rendre plus attrayant ce qu’on voit dans les cours. On pense que ce serait une source de motivation qui pourrait permettre de rehausser la réussite», indique M. Clément.

Une telle modernisation devrait toutefois passer par une modification des devis de cours, qui nécessite un décret gouvernemental, indique la Fédération des cégeps.

De son côté, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’était montré préoccupé par la réussite au collégial lors de l’étude des crédits en éducation ce printemps.