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Tous les étudiants des cégeps et universités formés sur les violences sexuelles

À l’Université Laval, la formation pourra même être complétée en classe

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 Pour la toute première fois cet automne, les étudiants et employés de tous les cégeps et universités de la province devront suivre une formation obligatoire sur la prévention des violences sexuelles. À l’Université Laval, les étudiants auront même du temps pour la compléter en classe. 

 Selon la nouvelle loi qui vise à prévenir les violences sexuelles sur les campus québécois, tous les établissements doivent mettre en place dès cette année des «activités de formation obligatoires» pour tous. 

 Dans le réseau collégial, la rentrée se déroule lundi ou au cours des prochains jours. 

 Plusieurs cégeps et universités ont prévu offrir cette formation cet automne. Une des formules privilégiées est une activité en ligne, dont la durée est d’environ 45 minutes, développée par l’Université Concordia. 

 La Fédération des cégeps est d’ailleurs en discussion avec l’établissement afin d’en arriver à une entente qui permettra à tous les collèges qui le souhaitent d’utiliser ce contenu et de l’adapter selon leur réalité. 

L’Université Laval a développé une formation en ligne, d’une durée de 45 minutes, sur la prévention des violences sexuelles qui devrait être suivie par plus de 50 000 étudiants et employés cet automne. Le contenu est basé sur trois histoires interactives, commentées par des experts.
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L’Université Laval a développé une formation en ligne, d’une durée de 45 minutes, sur la prévention des violences sexuelles qui devrait être suivie par plus de 50 000 étudiants et employés cet automne. Le contenu est basé sur trois histoires interactives, commentées par des experts.

À géométrie variable 

 Les moyens mis en place pour s’assurer que cette formation soit bel et bien suivie varient toutefois d’un établissement à l’autre, a constaté Le Journal

 À l’Université Concordia et au cégep de Sainte-Foy, les étudiants devront l’avoir complétée avant de pouvoir faire leur choix de cours pour la session suivante. 

 Au cégep Limoilou, à Québec, les étudiants devront prendre connaissance de la politique de l’établissement sur les violences sexuelles avant de pouvoir récupérer leur horaire en ligne. Ils devront par la suite compléter un jeu-questionnaire interactif sur le sujet. 

 Inciter plutôt que punir 

 La majorité des établissements contactés par Le Journal ont toutefois préféré miser sur une approche incitative plutôt que coercitive, tant dans le réseau collégial qu’universitaire. 

 À l’Université de Montréal, un «mécanisme de suivi» permettra d’identifier quels étudiants ou employés n’auront pas complété la formation en ligne afin de faire des relances par courriel, mais aucune sanction n’est prévue pour l’instant, explique Isabelle Chagnon, directrice du Bureau d’intervention en matière de harcèlement. 

 Des mesures semblables sont prévues à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). 

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 Formation en classe 

 Du côté de l’Université Laval, qui a développé son propre contenu, la formation sera inscrite dans les tâches à réaliser dans tous les plans de cours. 

 Les étudiants auront même droit à une période de 45 minutes en classe, dans leurs cours obligatoires, pour la compléter en ligne, indique la porte-parole, Andrée-Anne Stewart. 

 L’établissement fait le pari qu’en misant sur la «promotion» plutôt que la «coercition», l’attitude des étudiants envers cette formation sera plus positive et qu’ils seront ainsi plus «attentifs au contenu», explique Mme Stewart. 

 Le son de cloche est semblable du côté de la Fédération des cégeps, qui rappelle que la sensibilisation est plus efficace lorsqu’elle prend diverses formes. 

 «Ce serait trop facile de dire “on fait une politique, on rend des vidéos disponibles et la job est faite”. Si on veut une sensibilisation qui pénètre en profondeur, il faut avoir différents moyens d’intervention», affirme son président-directeur général, Bernard Tremblay.