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Frénésie pour Shawn Mendes au Centre Bell

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MONTRÉAL | Il fallait avoir des bouchons dans les oreilles au Centre Bell, mardi soir, sous peine de se lever avec de sérieux acouphènes le lendemain. La jeune sensation Shawn Mendes était roi et maître des lieux, créant une joyeuse commotion chez une assistance follement entichée. 

Les lumières étaient à peine tamisées, et l’idole canadienne de 21 ans, au cœur de sa troisième tournée mondiale, ne s’était même pas encore pointé le bout du nez, que le Centre Bell vibrait déjà sous les hurlements aussi stridents qu’assourdissants et irradiait de cellulaires scintillants. Avec 14 300 spectateurs, il y avait de quoi être étourdi. 

Sa partenaire de route, la Canadienne Alessia Cara, avait placé la barre haute en termes de décibels en première partie avec sa horde de tubes, dont Stay. Mais l’excitation a monté d’un cran quand l’ombre du chanteur s’est dessinée à travers l’immense écran circulaire qui surplombait la scène. 

Foule experte 

Lorsque son visage juvénile s’est éclairé et que Shawn Mendes est apparu, sourire émerveillé aux lèvres, les exclamations de joie – si c’est possible – ont redoublé d’ardeur. 

Fin séducteur, le nouveau tombeur n’a pas tardé à balancer l’un de ses plus grands succès, There’s Nothing Holdin’ Me Back, dès le début du concert, pour permettre à ses fidèles de chanter – fort! – avec lui. 

La foule, experte, connaissait par cœur à peu près toutes les pièces, qu’il s’agisse de Stitches, I Know What You Did Last Summer, Never Be Alone, d’une douce reprise au piano de I Wanna Dance With Somebody, de Withney Houston, Life of the Party, Treat You Better, Particular Taste, ou In My Blood, encore à venir au moment d’écrire ces lignes. 

Son canon actuel, Señorita, pimpante ritournelle aux accents exotiques devenue le plaisir coupable musical de plusieurs en cet été 2019 – qu’il interprète à l’origine en duo avec sa copine Camila Cabello –, n’a pas obtenu l’attention qu’il aurait mérité de la part de son propriétaire, livré en un seul minuscule échantillon, que Mendes a offert assis au piano, en version dépouillée. Dommage: on aurait voulu se trémousser. 

Attitude 

Les cris, les cris et encore les cris: c’est principalement ce qu’on retiendra de ce spectacle très travaillé visuellement – beaucoup construit autour des éclairages et des gros plans sur le joli minois de Mendes retransmis sur l’écran géant –, mais dont on avait du mal à reconnaître certaines mélodies tant l’ambiance était bruyante. 

Charmeur, celui dont le visage est orné d’un bandeau de fleurs sur l’affiche de sa présente tournée a accueilli sa cour de jeunes admirateurs et admiratrices avec une rose d’une hauteur démesurée qui s’élevait en plein milieu du parterre, et qui a changé de couleur toute la soirée. 

La bouille satisfaite de Mendes, elle, ne trompait pas: le jeunot est conscient de l’effet qu’il produit et s’en amuse candidement. 

Charismatique comme peu d’autres, Shawn Mendes cultive avec aisance l’attitude d’une «pop star» de sa trempe. Il manie l’art de se passer suavement la main au visage, puis dans sa tignasse brune savamment négligée entre deux moues mignonnes, se plisse les yeux en les fermant souvent pour mieux savourer le moment, il s’échine sur sa guitare, s’émeut au piano, court d’un bout à l’autre de sa plateforme, multiplie les déclarations d’amour au public; à n’en pas douter, il mérite sa place aux palmarès et... dans nos tympans. 

Shawn Mendes se produit à nouveau au Centre Bell, à Montréal, ce mercredi 21 août.