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Henri Picard : s’inspirer de ses parents, sans les imiter

Henri Picard : s’inspirer de ses parents, sans les imiter
PHOTO COURTOISIE / Andréanne Gauthier

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MONTRÉAL – La profondeur du regard ne ment pas, les intonations non plus, pas plus que le talent et la charmante timidité : Henri Picard est le digne fils de ses parents, Isabel Richer et Luc Picard. 

Or, s’il pratique activement le même métier que son père et sa mère depuis deux ans, l’adolescent de 18 ans tient à tracer sa propre route. 

Marcher dans les pas de ses aînés sans chausser les mêmes souliers, s’inspirer d’eux sans les imiter : voilà le défi que se lance Henri Picard, dont la naissance faisait la manchette des magazines artistiques en juillet 2001, et qu’on a vu pour la première fois à l’écran dans le film «L’audition», réalisé par son célèbre papa. 

«Mes parents me supportent dans ce que je fais, mais en même temps, ils me laissent prendre mes décisions. J’ai ma propre agente, ça se passe entre elle et moi, et je discute de mes affaires avec elle. Je fais mon chemin. Je ne veux pas faire les mêmes choses qu’eux. Ils le savent et respectent ça», explique-t-il. 

Personnage anxieux 

À peine majeur, Henri Picard a déjà assez de sa feuille de route pour imposer son propre nom sans devoir détailler son arbre généalogique. 

Son paternel l’a dirigé dans «Les rois mongols», sorti en salle en 2017, et, depuis, le garçon a enchaîné les engagements. Il a joué dans les longs métrages «À tous ceux qui ne me lisent pas» (pour lequel il a été mis en nomination dans la catégorie meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien au dernier Gala Québec Cinéma) et «Mafia Inc.» (qui doit prendre l’affiche à l’automne). 

À la télévision, il a incarné un personnage d’importance dans «Jenny» et, depuis quelques semaines, il défend le rôle de William Beaulieu-Lacombe, dans la nouvelle série de Richard Blaimert, «Cerebrum», en ligne sur Tou.tv Extra. 

Son alter ego dans «Cerebrum» est un gamin démesurément anxieux, de surcroît bouleversé par la disparition de sa mère psychologue (Evelyne de la Chenelière) et embourbé dans une relation toxique avec une jeune fille délurée, Laure (Ludivine Reding). 

Henri Picard précise avoir passé une audition par Skype avec Richard Blaimert, auteur et coréalisateur de la fiction, qui l’avait remarqué dans d’autres projets, pour décrocher le rôle de William. 

«Il va évoluer beaucoup», note l’interprète au sujet de celui qu’il personnifie. 

École de théâtre 

«J’ai essayé de ne pas trop me précipiter et de me concentrer sur mes études et ma vie sociale, pour prendre mon temps et y aller peu à peu», indique Henri Picard lorsqu’on lui demande comment il compose avec sa notoriété naissante. 

Le comédien ne cache pas avoir éprouvé certaines difficultés à concilier ses horaires d’école et de tournages dans les dernières années. 

«Il fallait que je continue avec un tuteur, et ç’a été un peu compliqué. Mais ça s’est bien passé, au final. Par contre, au cégep, ils (les professeurs et directeurs) sont moins ouverts aux tournages. Il y a beaucoup d’élèves, c’est moins intime, mais j’ai réussi à m’entendre avec le cégep pour "Cerebrum".» 

Actuellement étudiant au Cégep du Vieux-Montréal en Arts et lettres, Henri Picard pourrait se diriger vers la réalisation, la direction photo ou l’écriture, d’autres arts qui le passionnent, si l’acteur en lui n’était pas rassasié. 

Il aspire à intégrer une école de théâtre. Il lorgne aussi bien vers le Conservatoire d’art dramatique que vers l’École nationale de théâtre, et n’est absolument pas rebuté par le règlement qui interdit aux étudiants de ces institutions de jouer professionnellement ans pendant la durée de leur formation, qui est de trois ou quatre ans. 

«Le théâtre est un monde tellement différent du cinéma, juge-t-il. Ça n’a rien à voir ! J’ai encore beaucoup de choses à développer, et j’aimerais apprendre des meilleurs.»