/finance/business
Navigation

Les employés de Bell manifestent à Québec

Les travailleurs ont dénoncé le recours à la sous-traitance par leur employeur

Plus de 2000 syndiqués ont profité de l’heure du dîner mardi pour sortir manifester, du boulevard René-Lévesque aux bureaux de Bell, situés sur la rue d’Aiguillon.
Photo Elisa Cloutier Plus de 2000 syndiqués ont profité de l’heure du dîner mardi pour sortir manifester, du boulevard René-Lévesque aux bureaux de Bell, situés sur la rue d’Aiguillon.

Coup d'oeil sur cet article

Plus de 2000 employés de Bell Canada d’un peu partout au pays se sont fait entendre dans les rues de Québec mardi, dénonçant la façon de faire de leur employeur qui « sous-traite » le projet de service internet résidentiel en milieu rural.

« Ce qui est insultant, c’est que l’entreprise reçoit des millions de dollars en deniers publics pour installer l’internet dans les régions, mais au lieu de prendre nos membres, ils sous-traitent ça, pour diminuer les conditions de travail [des techniciens] et faire plus de profits », déplore Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, syndicat représentant les employés de Bell Canada.

Les syndiqués qui étaient en congrès au Centre des congrès de Québec ont ainsi profité de l’heure du dîner pour sortir manifester, du boulevard René-Lévesque aux bureaux de Bell, situés sur la rue d’Aiguillon.

« Causer avec Bell »

M. Gagné a tenu à lancer un message clair à Bell Canada, alors que d’autres manifestations pourraient avoir lieu dans les prochains mois, pour inciter l’employeur à « créer des emplois, plutôt que de les sous-traiter ».

« Bell fait une grosse publicité, Bell cause pour la cause. Mais notre monde est dans l’insécurité depuis des années, ça crée un stress énorme. [...] Il n’y a pas juste la santé mentale, il y a les emplois et la création d’emplois, ce pour quoi nous sommes venus causer avec Bell aujourd’hui », a affirmé M. Gagné.

Le représentant syndical n’a toutefois pas été en mesure de dire combien d’emplois sont actuellement donnés en sous-traitance pour brancher différentes régions du Québec à l’internet.

En 2016, le gouvernement fédéral a annoncé un investissement de 500 M$ pour améliorer l’accès à l’internet à l’échelle du pays d’ici 2021. L’année suivante, Québec, Ottawa ainsi que des entreprises de télécommunication ont aussi annoncé 290 M$ supplémentaires, pour brancher plus de 100 000 foyers québécois avant 2022.

200 000 foyers de moins

Par ailleurs, Bell Canada a annoncé lundi qu’elle supprimerait 200 000 foyers de son plan d’expansion d’internet en milieu rural, en raison de la récente décision du CRTC, qui a réduit « considérablement les tarifs des services de gros payés par les tiers revendeurs de services internet ». Bell estime ainsi des répercussions financières de l’ordre de 100 M$, qui la forcent à restreindre son programme d’expansion, peut-on lire dans un communiqué émis par l’entreprise.

De son côté, Bell Canada a affirmé avoir récemment embauché des techniciens. « Bell a considérablement augmenté son nombre de techniciens syndiqués au cours des dernières années pour soutenir le développement de notre réseau de fibre optique et de nos services », a affirmé la porte-parole Caroline Audet.