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Achat de Groupe Capitales Médias: la balle dans le camp du gouvernement, dit PKP

Pierre Karl Péladeau
Photo MARTIN ALARIE Pierre Karl Péladeau

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Le président et chef de la direction de Québecor a semblé refroidi par le processus et les tractations entourant un éventuel achat du Groupe Capitales Médias, aux prises avec de graves problèmes financiers. Dans tous les cas, il estime que la balle est maintenant dans le camp du gouvernement. 

Interrogé mercredi matin par Paul Arcand au 98,5 FM, Pierre Karl Péladeau a confirmé qu’une offre en bonne et due forme a été faite, la semaine dernière, pour Groupe Capitales Médias (GCM) et ses journaux, à savoir «Le Soleil», «Le Droit», «Le Nouvelliste», «La Voix de l’Est», «Le Quotidien» et «La Tribune». C’était bien avant le début du processus.

«J’ai eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, nous avons eu un appel du pied, a-t-il expliqué [...] Et le gouvernement, après avoir reçu une proposition de notre part (Québecor), ils ont décidé de refuser cette proposition-là et de faire appel aux tribunaux. C’est là où nous en sommes.»

À la question de savoir si l’achat de groupe médiatique l’intéressait encore, M. Péladeau a eu cette réponse: «Malheureusement, on a perdu le contrôle».

Pierre Karl Péladeau a semblé inquiet sur le déroulement du processus qui mènerait éventuellement à un nouveau propriétaire.

«Ça dépend de la façon dont ça va se dérouler», a-t-il précisé, soulignant que «si on part dans tous les sens, de tous les côtés, malheureusement, je pense que moi, comme dirigeant d’entreprises, et mes collègues chez Québecor, on va regarder çà très froidement».

«Je suis assujetti à des contraintes financières», a-t-il ajouté, tout en réaffirmant son «attention particulière pour la presse régionale».

Il n’a pas toutefois voulu anticiper sur la décision du gouvernement, qu’il considère par ailleurs comme l’actionnaire ultime de Groupe Capitales Médias, en raison des nombreux investissements de Québec.

«Qu’est-ce que l’actionnaire va décider? Moi, je ne peux pas anticiper sur leur décision», a-t-il précisé.

À 98,5 FM tout comme en entrevue au «Devoir», M. Péladeau a réitéré le fait que l'intégration des journaux cités ci-haut au sein du groupe médiatique de Québecor permettrait de générer des économies d'échelle et de couper sur les coûts de production. Il reste persuadé que seul un groupe industriel comme le sien peut sauver GCM.

Il a aussi balayé du revers de la main les craintes de concentration médiatique, rappelant que la presse écrite est en déclin depuis de nombreuses années, comparativement par exemple à un secteur en croissance comme le secteur aérien.

«Soleil»: pas question de le fermer

Profitant de la tribune qu’il avait, le grand patron de Québecor a tenu à réfuter certaines rumeurs qui laisseraient entendre qu’en cas d’acquisition de GCM et, donc, de son quotidien de Québec, «Le Soleil», ce dernier serait fermé puisque dans ce marché, le conglomérat médiatique possède déjà «Le Journal de Québec».

«J’ai entendu toute sorte de rumeurs, je n’ai jamais dit ça», a fait savoir M. Péladeau, précisant que si GCM était intégré dans le giron Québecor, ce serait «pour l’opérer».