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Affaire SNC-Lavalin: Pas de témoignage du commissaire à l'éthique à cause des libéraux

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Les libéraux ont usé de leur majorité dans un comité parlementaire, mercredi, pour bloquer le témoignage de l’auteur du rapport dévastateur déclarant le premier ministre Trudeau coupable d’avoir violé la loi dans l’affaire SNC-Lavalin.  

Le commissaire à l’éthique, Mario Dion, a conclu la semaine dernière que M. Trudeau a contrevenu à la Loi sur les conflits d’intérêts en faisant indûment pression sur l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould pour qu’elle intervienne afin d’éviter un procès au géant de l’ingénierie SNC-Lavalin.  

Mario Dion
Capture d'écran TVA Nouvelles
Mario Dion

Les partis d’opposition souhaitaient entendre M. Dion sur les détails entourant son rapport. Ils avaient alors demandé au Comité permanent de l’éthique des Communes de se réunir d’urgence afin que celui-ci appelle le commissaire à témoigner.  

Lors de la rencontre mercredi, les libéraux s’y sont toutefois opposés à l’exception de Nathaniel Erskine-Smith, vice-président du comité.  

Le refus de la majorité libérale a aussitôt été dénoncé par les députés des partis d’opposition. «C’est la première fois dans ma carrière que je vois un comité de l’éthique empêcher le commissaire à l’éthique de témoigner, a pesté le conservateur Pierre Poilièvre. Évidemment, M. Trudeau veut cacher la vérité après avoir été trouvé coupable de briser la loi et il a forcé ses députés à l’aider.»  

Son collègue Peter Kent avait plus tôt souligné que la prédecesseure de M. Dion, Mary Dawson, avait témoigné pendant deux heures en 2017, après avoir déclaré M. Trudeau coupable d’avoir violé la Loi sur les conflits d’intérêts en séjournant sur l’île privée de l’Aga Khan.  

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Les néo-démocrates, qui auraient aussi aimé entendre d’autres témoins tels que le ministre des Finances Bill Morneau, ont aussi accusé les libéraux d'aider M. Trudeau à se défiler.  

«Ce que nous avons vu aujourd’hui est de l’obstruction et une tendance du premier ministre à croire qu’il est au-dessus de la loi au Canada », a lancé Charlie Angus.  

Dans son rapport rendu public jeudi dernier, Mario Dion relève aussi qu’il n’a pas été en mesure d’avoir accès à toutes les informations pertinentes à son enquête en raison des règles de confidentialité entourant les discussions du cabinet.  

«Nous devons savoir à quel point des perturbations ont été exercées à l’encontre du travail du commissaire», a ajouté M. Angus.  

Le libéral Steven MacKinnon a justifié la décision de la majorité libérale en arguant que l’affaire SNC-Lavalin a déjà été étudiée «de manière exhaustive» et que les Canadiens disposent d'assez d'informations.  

«Le comité de la Justice a entendu 13 témoignages de la part de 10 témoins différents pendant cinq semaines et nous avons maintenant un rapport détaillé de 63 pages», a-t-il plaidé.  

Son collègue Nathaniel Erskine-Smith a quant à lui expliqué avoir voté pour un témoignage de M. Dion par souci de transparence. Il a souligné qu’il n’était pas d’accord avec les conclusions du commissaire, mais qu’il aurait aimé profiter de l’occasion pour lui poser «les questions difficiles».