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Plusieurs hauts dirigeants d'Air Canada ont aussi liquidé leurs actions

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Il n'y a pas que le grand patron d'Air Canada qui a fait un coup d'argent en vendant des milliers d'actions de l'entreprise récemment.  

Près d'une dizaine de hauts dirigeants ont aussi liquidé leurs actions en pleines négociations pour acheter Air Transat.Le président-directeur général d’Air Canada, Calin Rovinescu, a vendu le 1er août un important bloc d’action d’Air Canada qu’il possédait, une transaction qui lui a rapporté 52 millions de dollars d’un seul coup. 

Mais il n’y a pas que le numéro un d’Air Canada qui est passé à la caisse. Huit autres hauts dirigeants de l’entreprise ont eux aussi largué des actions depuis le mois de mai, dont la vice-présidente Lucie Guillemette, qui a du même coup empoché 1,3 million de dollars. 

Le vice-président Exploitation Craig Landry (711 000 $), la vice-présidente Employés et Culture Arielle Meloul (584 000 $), le vice-président Sécurité Samuel Elfassy (238 000 $), le vice-président Loyauté et Commerce électronique Mark Nasr (254 000 $) et l’administrateur Michael M. Green (224 000 $) ont aussi tous liquidé pour plus d’un quart de millions de dollars en actions durant la même période. Même scénario pour le vice-président Robert Alan Read (161 000 $) et le trésorier Pierre Houle (92 000 $). 

Soupçons et vérifications

Toutes ces transactions sont survenues dans un contexte de négociations avec des actionnaires d’Air Transat pour l’achat du voyagiste québécois, ce qui pourrait influencer la valeur du titre de la compagnie. 

Ces dirigeants détenaient-ils des informations privilégies leur laissant croire que la valeur du titre risquait de baisser au cours des prochaines semaines, voire des prochains mois? Si oui, alors ceux-ci se sont rendus coupables d’un délit d’initié. 

L’Autorité des marchés financiers poursuit ses vérifications d’usage afin de répondre à la question, mais pour Robert Pouliot, professeur spécialiste en fusion-acquisition à l’Université du Québec à Montréal, ces transactions «peuvent laisser soupçonner beaucoup de choses». 

«Je crois qu’il est important qu’une entreprise fasse preuve de prudence et de diligence et, dès lors, de réserve en ce qui concerne les transactions. [...] Air Canada aurait pu faire preuve de plus de réserve, du moins les dirigeants», affirme l’expert. 

Air Canada n'a pas répondu aux demandes d'explications de TVA Nouvelles. 

Les actionnaires se prononcent vendredi

Le dossier de la vente d’Air Transat franchira par ailleurs une importante étape vendredi quand les actionnaires du voyagiste se prononceront sur l’offre soumise par Air Canada pour son achat, qui est de 18 $ l’action, l’équivalent de 720 millions de dollars. Les deux tiers des actionnaires d’Air Transat devront entériner cette entente pour que la vente puisse aller de l’avant. 

Les acheteurs intéressés à formuler une contre-offre à celle d’Air Canada ont jusqu’à mercredi soir pour le faire.