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Une application de Weight Watchers est décriée

Des experts craignent qu’elle nuise à la croissance en embrigadant les jeunes

L’application Kurbo de Weight Watchers qualifie les aliments que mangent les enfants en suivant un système de feux de circulation.
Photo Martin Chevalier L’application Kurbo de Weight Watchers qualifie les aliments que mangent les enfants en suivant un système de feux de circulation.

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Une nouvelle application destinée aux enfants et adolescents de Weight Watchers soulève l’ire des nutritionnistes du Québec, qui craignent qu’elle nuise à leur croissance et à leur santé mentale.

« Quand j’ai vu ça, j’ai grimpé au plafond », lance la présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ), Paule Bernier. Selon elle, la démarche de l’entreprise américaine Weight Watchers, qui cherche à recruter une clientèle plus jeune, est « irresponsable ». Elle met en garde les jeunes, mais surtout leurs parents, qui seraient tentés par l’expérience.

Avec l’application Kurbo pour téléphone intelligent, Weight Watchers dit vouloir rejoindre toute la famille. Le parent ou l’enfant qui l’utilise apprend à mieux s’alimenter en suivant des feux de circulation.

Vert, jaune, rouge

Des lumières vertes pour les fruits et légumes, des lumières jaunes pour les pâtes et les viandes maigres à manger avec modération, et des lumières rouges pour des bonbons ou boissons gazeuses, par exemple.

L’utilisation tient un journal de son alimentation et de son activité physique. En payant 69 $ par mois, il peut aussi être suivi par un coach en ligne.

Alors que l’obésité n’a jamais été aussi présente chez les jeunes, autant ici qu’aux États-Unis, Weight Watchers affirme vouloir faire la promotion de saines habitudes avec Kurbo, qui n’est actuellement offerte qu’en anglais.

De nombreux nutritionnistes d’ici sont montés aux barricades, partageant une pétition mondiale demandant à Weight Watchers de retirer l’app. Plus de 85 000 personnes l’ont signée.

Malsain

Selon Paule Bernier, il n’y a rien de sain dans l’application actuellement offerte.

« En pleine puberté, le fait de développer une telle relation avec les aliments où tu comptes tout ce que tu manges, ce n’est pas la meilleure façon de montrer aux jeunes comment s’alimenter », dit-elle.

Elle souligne que des études ont montré que des régimes stricts à l’adolescence peuvent entraîner des troubles alimentaires.

« C’est complètement aberrant », ajoute Yves Jalbert de l’Association pour la santé publique du Québec. Il rappelle que la puberté cause souvent une prise de poids normale et qu’elle nécessite un plus grand apport énergétique.

De plus, les enfants ne sont pas ceux qui vont à l’épicerie et qui cuisinent les repas, soulignant que la responsabilité d’une saine alimentation revient surtout à leurs parents.