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Un billot de bois percute une voiture: le conducteur délinquant du poids lourd recherché

Un billot de bois tombé du chargement d’un camion qui a fui les lieux a blessé sérieusement trois personnes

Le billot de bois est entré à l’intérieur du véhicule, où prenaient place trois personnes, par la vitre avant. Il a basculé et est ressorti par le toit, arraché au passage.
Photo courtoisie Le billot de bois est entré à l’intérieur du véhicule, où prenaient place trois personnes, par la vitre avant. Il a basculé et est ressorti par le toit, arraché au passage.

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Devant l’inaction des policiers, un père de famille de Lanaudière a lancé sa propre enquête afin de retrouver le conducteur d’un poids lourd qui aurait fui les lieux après qu’un billot de bois se soit détaché de son chargement, blessant sérieusement trois de ses proches.

La femme, le fils et la belle-fille de Guy Desharnais ont été victimes, le 2 août dernier, d’un grave accident sur l’autoroute 955, à la hauteur du kilomètre 12, dans la municipalité de Saint-Samuel.

Un camion qui circulait en sens inverse a laissé échapper le tronc d’un érable de huit pieds de long par 10 pouces de diamètre, qui est allé percuter la voiture où prenait place le trio.

«Le billot est sorti de côté. Trop vite, trop proche, pour qu’ils puissent réagir, relate M. Desharnais. Le billot est rentré par la vitre, au centre de l’auto. Avec la vitesse, il est ressorti en faisant une bascule et ç’a tout arraché le toit.»

Multiples fractures

Son fils, Elouyk, 14 ans, qui prenait place à l’arrière, a reçu l’immense morceau en plein corps, laissant une marque bien visible sur son épaule. «Il s’est retrouvé couché dans le coffre», illustre son père.

Elouyk Desharnais, 14 ans, a reçu le billot de bois en plein corps. Il souffre aussi de multiples blessures au visage. Son opération a duré huit heures.
Photo courtoisie
Elouyk Desharnais, 14 ans, a reçu le billot de bois en plein corps. Il souffre aussi de multiples blessures au visage. Son opération a duré huit heures.

Conduit d’abord au centre hospitalier de Victoriaville, il a été transféré à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal, où il a été opéré.

«Mon gars a passé huit heures sur la table d’opération. Fracture au sinus, du plancher de l’œil, de la clavicule, de l’omoplate, du bras. Il a des lacérations très complexes au visage», résume avec émotion M. Desharnais.

Sa conjointe, Jynny Couture, 37 ans, a été opérée pour trois fractures au bras et est en arrêt de travail pour au moins huit semaines.

La fille de cette dernière, Rebecca Déry, 16 ans, qui était au volant, a subi une commotion cérébrale.

Heureusement, tous ont rapidement obtenu leur congé de l’hôpital et sont désormais de retour à la maison. «Mais la peur est là. C’est traumatisant», dit-il.

Camionneur disparu

M. Desharnais cherche maintenant à trouver celui qu’il juge responsable de cet accident. C’est qu’à l’arrivée des secours, le camionneur avait quitté les lieux. Et trois semaines après le drame, il n’a aucune nouvelle des enquêteurs.

Sans nouvelles des policiers depuis trois semaines, Guy Desharnais multiplie les démarches afin de retrouver le conducteur du poids lourd.
Photo courtoisie
Sans nouvelles des policiers depuis trois semaines, Guy Desharnais multiplie les démarches afin de retrouver le conducteur du poids lourd.

Le père de famille a donc fait appel à Facebook. De fil en aiguille, il a pu recueillir certaines informations. « On a vraiment de bonnes pistes. On sait la couleur de la van, on sait à quoi ressemble le conducteur », énumère-t-il.

Il affirme aussi avoir en main la version d’un automobiliste, témoin de la collision, qui aurait réussi à rattraper le poids lourd quelques kilomètres après l’impact, pour l’informer de la situation. Malgré cet échange, le camionneur aurait repris sa route.

SQ

Avec ces éléments en main, M. Desharnais a contacté la Sûreté du Québec pour solliciter une rencontre.

«Ça va faire trois semaines que je suis dans le néant, que je ne dors pas», lance-t-il, la voix nouée par l’émotion.

«Le monde est petit. Je suis confiant qu’on va le retrouver. Il va être jugé en justice si on le retrouve», termine-t-il.

Un camionneur intercepté le soir même

Le conducteur d’un véhicule lourd qui transportait des billots de bois a été intercepté par les contrôleurs routiers dans les moments suivant la collision impliquant la famille de Guy Desharnais, mais il n’a toutefois pas été arrêté.

Le camionneur, qui circulait non loin de l’accident ayant sérieusement blessé Elouyk Desharnais, 14 ans, Jynny Couture, 37 ans, et Rebecca Déry, 16 ans, a été visé par une intervention pour un «chargement non conforme», le 2 août en soirée.

L’opération, réalisée par les contrôleurs routiers, a été faite «à la demande de la Sûreté du Québec», confirme Anne-Marie Dussault Turcotte, relationniste à la SAAQ, dont relève Contrôle routier Québec.

Impossible de savoir si le camionneur a été rencontré par les enquêteurs, ni à quel moment précis ni à quel endroit il a été intercepté.

La SAAQ et la Sûreté de Québec ont refusé de répondre aux questions du Journal, évoquant « l’enquête en cours ».

Chargement non conforme

Chose certaine, le conducteur n’a pas été mis en état d’arrestation. Selon Aurélie Guindon, porte-parole pour la SQ, il était alors «impossible de lier directement ce véhicule avec ce qui venait de survenir», soit l’accident impliquant la famille de M. Desharnais.

Lorsqu’un camionneur est intercepté par les contrôleurs routiers pour un chargement non conforme, il a l’obligation de s’arrimer aux normes avant de reprendre la route, a expliqué la lieutenante Nancy Doucet, agente de communication pour Contrôle routier Québec.

«On va demander conformité avant que le véhicule puisse repartir, tranche-t-elle. Il y a des choses qu’on est capable de faire, même sur le bord de l’autoroute. Mais si ce n’est pas possible, on va l’escorter à basse vitesse, pour le sortir de la circulation.»

L’amende liée à cette infraction est de 350 $ en plus des frais, pour un total de plus de 500 $, pour un camionneur fautif. Le montant double dans le cas d’une entreprise contrevenante.