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Un prof amoureux d’une élève de 12 ans congédié

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La cour a maintenu le congédiement d’un enseignant de la Mauricie qui a entretenu une relation amoureuse avec son élève de 12 ans, lui envoyant des textos « presque 24 heures par jour ».

« En présence d’une faute d’une telle gravité et d’un manque de jugement qui justifie à coup sûr la rupture du lien de confiance avec l’employeur, il n’existe guère d’espace pour intervenir et casser la décision prise par ce dernier », a souligné l’arbitre Richard Bertrand dans une décision récente, ajoutant que la société s’attend « au plus haut degré de conduite morale » de ses enseignants.

Richard Hamelin était un professeur d’éducation physique de 45 ans lorsque les faits reprochés se sont produits, pendant l’année scolaire 2015-2016. Rapidement, il a noué un bon lien avec une élève de sixième année, qui n’est pas identifiée dans la décision puisqu’elle est mineure.

Cours de golf à deux

Décelant chez elle un « bon potentiel sportif », le professeur lui a offert des cours de golf où ils se retrouvaient souvent seuls, lit-on dans la décision du tribunal d’arbitrage. À d’autres occasions, l’enseignant et l’élève de 12 ans ont assisté à des parties de hockey ou sont allés manger au restaurant. Ils échangeaient aussi sans arrêt des messages textes.

Plus l’année scolaire avançait, plus leur relation faisait « beaucoup parler » à l’école de Shawinigan, au point où une directrice a rencontré le professeur.

« [Elle lui dit] qu’elle est tout à fait en désaccord avec le fait qu’il alimente et entretienne des relations avec cette élève en dehors de l’école et qu’il doit y mettre fin immédiatement, autrement, “il risque de tout perdre” », peut-on lire.

« Avant qu’il arrive de quoi »

À la fin de l’année scolaire, Richard Hamelin a donc pris des mesures afin de mettre fin à la relation « malsaine ».

« J’étais pas bien là-dedans, aurait-il dit, selon le jugement. J’ai craqué et j’ai décidé de consulter avant qu’il arrive de quoi. »

Or, le professeur n’a jamais fait l’objet d’accusations criminelles, lui qui jure n’avoir commis aucun geste à caractère sexuel sur l’enfant qui présente « une maturité physique exceptionnelle » pour son âge, écrit l’arbitre Bertrand.

Contestant le congédiement imposé en novembre 2016, le syndicat de l’enseignement de la Mauricie a soutenu que « rien ne s’est passé [avec la jeune] », rendant la décision injustifiée. De son côté, la Commission scolaire de l’Énergie a estimé qu’il « a fait preuve d’inconduite » en raison de la situation d’autorité.

« Je ne suis pas d’avis que le fait que le pire, l’irréparable, ne se soient pas produits puisse occulter la gravité extrême de la faute commise par le plaignant », a conclu l’arbitre.

Le syndicat a affirmé au Journal jeudi qu’il analyse la décision afin de déterminer si elle sera portée en appel.