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Alex Harvey «trippe» en vélo de montagne

L’ancien fondeur termine 6e au volet des maîtres des Championnats du monde au Mont-Sainte-Anne

Alex Harvey faisait partie des 24 participants dans la catégorie 30-34 ans, vendredi matin à la station du Mont-Sainte-Anne, pour les Championnats du monde des maîtres. 
Photo Didier Debusschère Alex Harvey faisait partie des 24 participants dans la catégorie 30-34 ans, vendredi matin à la station du Mont-Sainte-Anne, pour les Championnats du monde des maîtres. 

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BEAUPRÉ | Alex Harvey était aux anges. Même si un bris mécanique a ruiné ses chances de podium au volet des maîtres des Championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne, Harvey s’est amusé comme un gamin dans les pistes, à deux pas de chez lui, vendredi.

À sa première sortie du genre en plus d’une douzaine d’années alors qu’il s’activait chez les juniors, le fondeur canadien le plus prolifique de l’histoire n’avait pas trop perdu la touche sur son vélo.

Sixième au final chez les 30-34 ans, la fierté de Saint-Ferréol-les-Neiges s’est retrouvée dans le peloton de tête des quatre meneurs lors des deux premiers tours avant qu’un problème avec sa chaîne l’empêche de poursuivre sa chasse. Ça ne l’a pas empêché de vivre pleinement cette expérience d’une journée.

« C’était trippant, c’était vraiment le fun ! À la mi-course, j’ai cassé ma chaîne, et après le gars qui était meneur a subi une crevaison, ce qui m’aurait positionné quasiment pour le podium [...] Quand tu arrives dans la zone de ravitaillement, tu fais un 180 degrés. Il faut décélérer puis accélérer, et j’étais sur un trop haut braquet. C’est mon erreur. J’ai changé de vitesse en pédalant et la chaîne a tordu à cause de la tension.

« Mais je suis arrivé ici sans aucune attente. Certes, j’ai fait beaucoup de vélo cet été, mais je n’ai fait aucune course et aucun entraînement intense », a lâché l’ancien champion du monde de ski de fond qui s’est retiré de la compétition à l’issue de la dernière saison.

Alex Harvey faisait partie des 24 participants dans la catégorie 30-34 ans, vendredi matin à la station du Mont-Sainte-Anne, pour les Championnats du monde des maîtres. 
Photo Didier Debusschère

Quelle était la plus grande différence de se retrouver en selle plutôt que sur les skis ?

« C’était tough. En ski, ma force était le haut du corps techniquement, mais là, en vélo, le haut du corps, ça ne donne pas grand-chose. C’était tough pour les petites jambes, mais c’était vraiment cool », a renchéri l’olympien.

Des cris d’encouragement

Habitué à recevoir une dose d’amour de la part des amateurs lors des grands rendez-vous internationaux sur les plaines d’Abraham, Harvey a eu droit au même traitement le long du tracé de 4,6 km. Même son agent Denis Villeneuve, vêtu pour la circonstance, avait enfourché sa monture pour l’encourager.

« Je voulais juste avoir du fun. Tout le monde criait mon nom le long du parcours. C’est vraiment chez nous, et c’est vraiment spécial. Le vélo de montagne, c’est vraiment différent du ski de fond. Il faut que tu sois très concentré sur ton pilotage dans les descentes, c’est vraiment intense », a-t-il exposé, le visage en sueur.

En après-midi, Alex a épaulé son légendaire père Pierre, qui faisait partie des engagés dans la catégorie des 60-64 ans, où il a pris le neuvième rang. Ancien membre de l’équipe canadienne olympique de cyclisme sur route aux Jeux de Montréal (1976) et de Los Angeles (1984), Harvey s’adonne désormais davantage au cross-country lorsqu’il enfourche son vélo.

Sur son vélo à 74 ans

À 74 ans, André Leblanc, lui, ne voulait rater pour rien au monde ce rendez-vous après avoir participé aux maîtres au tournant des années 2000 à Bromont. Cette fois, il n’a pas hésité à se taper plus de sept heures de voiture depuis New Richmond, en Gaspésie, pour renouer avec de vieux copains.

« J’ai toujours adoré la gang avec les Pierre Harvey et Pierre Éthier. On revoit tous les gars. C’était vraiment important pour moi de participer après tant d’années. C’était un parcours très technique. Je n’ai pas de misère, mais c’est surtout dur dans les montées, avec l’âge. »

Champion pour ses 70 ans

Pierre Éthier a trouvé une belle manière de célébrer ses 70 ans en remportant le volet des Maîtres, vendredi, chez lui.  
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger
Pierre Éthier a trouvé une belle manière de célébrer ses 70 ans en remportant le volet des Maîtres, vendredi, chez lui.  

Si Pierre Lavoie se plaît à faire bouger les jeunes, son message rejoint aussi les plus vieux. Pour son 70e anniversaire de naissance, Pierre Éthier a adopté la philosophie du triathlonien et conférencier qui est celle de bouger pour rester en santé. Et il s’est même offert la victoire en cadeau.

En fait, c’était à se demander si le résident de Saint-Ferréol-les-Neiges venait vraiment de changer de dizaine au terme de la course qu’il a survolée sans trop de difficultés. Si le sport aide l’esprit à rester jeune, le sympathique coureur en est un vibrant exemple !

« Je suis un disciple de Pierre Lavoie. J’essaie de bouger, grouiller et sauter. C’est seulement ça la recette, a-t-il lancé au représentant du Journal pendant que des jeunes du club cycliste Mont-Sainte-Anne le regardaient avec admiration.

« Chose certaine, j’essaie d’encourager les jeunes de mon club. Ils disent que je suis leur idole, mais moi, c’est eux qui m’impressionnent. Tant mieux si cela en amène d’autres. Et je n’ai que 70 ans. En ski de fond, je serais tout jeune à 70 ans. Il y a des gens de 80 ans qui font la Loppet à Gatineau (un événement de ski de fond international) et ils font deux fois 50 km en style classique et en style libre ! Ce sont mes objectifs. »

Plaisirs de la vie

Pierre Éthier n’a pas toujours été l’homme actif qu’il est devenu aujourd’hui. Le sport lui permet de ne pas se priver des petits plaisirs de la vie à la table.

« En secondaire 3, 4 et 5, je ne faisais rien et j’étais malade comme un chien. Après ça, je me suis mis à bouger et je me suis rendu compte que j’étais un éternel glouton. Mais ce n’est pas évident. Je fais du sport pour manger et je mange pour faire du sport ! Ça fait partie de la recette », a lâché cet enseignant retraité au niveau collégial qui n’a pas la langue dans sa poche.

Combien d’heures peut-il passer par semaine à faire pomper la patate ? « Quand je suis trop détestable, ma conjointe me met dehors pour que j’aille brûler mes calories ! » a-t-il répondu en riant.

Emily Batty nerveuse

Double médaillée de bronze en cross-country aux Championnats du monde (2016 et 2018), l’Ontarienne Emily Batty ne tenait pas en place pendant que son mari et entraîneur Adam Morka prenait part à la course des 30-34 ans, vendredi. Morka, qui n’avait pas couru depuis un an et demi, a fini au cinquième rang pendant que la belle blonde le suivait attentivement avec leur chien.

« Je crois que je perds plus d’énergie à regarder [...] J’étais plus nerveuse pour lui que je le suis pour mes propres courses ! » a dit au Journal en rigolant la vététiste de 31 ans, qui sera en action samedi prochain à la montagne de Beaupré. Reconnue par de jeunes adeptes, elle n’a pas hésité à prendre la pose et à signer des autographes.