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La Ville la force à se débarrasser de ses chats

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Une dame de 78 ans, résidente d’un HLM dans l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, doit se départir de 7 de ses 11 chats, en vertu d’un règlement municipal.   

Ce règlement tolère un maximum de quatre chats par ménage.  

Suzanne Blanchard a fait parvenir à TVA Nouvelles une lettre manuscrite de cinq pages faisant état de sa situation, un véritable cri du cœur. 

La dame a adopté ses 11 chats au fil des ans. La plupart d'entre eux proviennent de propriétaires qui ont dû se défaire de leur félin mais ne voulaient pas le faire euthanasier.  

La direction du HLM a reçu une plainte du voisinage et oblige la locataire à se départir de sept de ses chats d’ici le 9 septembre.  

«Je ne suis pas capable de choisir lesquels envoyer. Je me dis: “Oh non, pas elle... pas lui non plus”», se désole Mme Blanchard.  

Valéry Giroux, spécialiste en éthique animale de l’Université de Montréal, s’est rendue chez Mme Blanchard pour examiner les lieux et ses conclusions sont sans équivoque: «Ses chats sont aux petits soins, il n’y a pas de mauvaises odeurs. C’est difficile de s’imaginer en quoi ça peut être un dérangement.»  

La locataire de 78 ans travaille depuis sept ans comme préposée à la sécurité dans son immeuble. Presque tous ses revenus sont investis pour subvenir aux besoins de ses compagnons à quatre pattes, qui sont tous stérilisés et vaccinés.  

Mme Giroux précise que les plaintes de ce type doivent être motivées par des problèmes d’insalubrité, ce qui en l'occurrence n’est pas le cas, selon elle: «Quand on est dans une situation comme celle-là, où tout semble adéquat, c’est honteux d’agir de la sorte.»  

Mme Blanchard, quant à elle, n'en démord pas: «Je vais aller jusqu’en cour s’il le faut, mais vous ne m’enlèverez pas mes bébés. Oui, la loi, c’est la loi. Mais la loi du cœur, où elle est, elle?»  

La société d’habitation instigatrice de la plainte ne compte pas reculer. Le règlement concernant le maximum de quatre chats par appartement s’applique, selon le principe de l’équité pour tous les locataires.  

Du côté de l’Office de l’habitation de Montréal (OHM), il n’est pas question d’expulsion, mais l'organisation est prête à aller jusqu’à la mairie d’arrondissement pour faire respecter son règlement.  

– Avec les informations de Richard Olivier