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Le Soleil va continuer d’exister, assure Pierre Karl Péladeau

Le Soleil va continuer d’exister, assure Pierre Karl Péladeau
Photo d'archives Martin Chevalier

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Dans l’éventualité que Québecor mette la main sur les quotidiens du Groupe Capitales Média, Pierre Karl Péladeau a assuré que Le Soleil continuera d’exister même s’il s’agit du principal concurrent du Journal de Québec.

«Je pense que Le Soleil doit vivre et continuer à exister. C'est une institution à Québec et, aussi, c'est une clientèle», a déclaré le président et chef de la direction de Québecor vendredi matin lors d’une entrevue à la Première chaîne de Radio-Canada dans la région de Québec.

Lors d’une autre entrevue, accordée celle-là jeudi au FM 93, Pierre Karl Péladeau avait d’ailleurs rappelé que sa récente offre pour racheter les quotidiens de Capitales Média comprenait Le Soleil.

«Ce que l’on souhaitait, c’était de s’assurer que les deux quotidiens [Le Journal de Québec et Le Soleil] puissent vivre, mais que toutes les opérations derrière, comme l’imprimerie et la représentation commerciale, soient générées par des infrastructures communes», a-t-il expliqué.

L’offre avait finalement été rejetée par Québec et Capitales Média s’est placé sous la loi sur la faillite en début de semaine. Québecor s’attend à ce que le processus dure plusieurs mois, mais l’entreprise souhaite toujours acquérir Le Soleil et les cinq autres quotidiens du groupe.

S’il y parvient, Pierre Karl Péladeau a reconnu qu’il pourrait y avoir des réductions d’effectif, même parmi la rédaction du Soleil.

«Est-ce qu’il y aura autant de journalistes et de photographes? Honnêtement, on n’avait pas pensé jusque-là quand on a déposé notre offre [...] Mais si les frères Stastny viennent à Québec pour inaugurer leur statue, est-ce qu’on a vraiment besoin de deux photographes», a illustré Pierre Karl Péladeau sur les ondes du FM 93.

Pas de changement de ligne éditoriale

L’ancien chef du Parti québécois n’entend pas par ailleurs changer la ligne éditoriale – historiquement fédéraliste – du Soleil et des autres journaux du groupe. L’homme d’affaires souverainiste a rappelé qu’il avait déjà été propriétaire des journaux de Sun Media, qui sont reconnus pour leur penchant de droite.

«Est-ce que je suis un conservateur? Pas vraiment là! C'est ironique, en plus ils faisaient du Québec bashing», a-t-il donné en exemple lors son passage à Radio-Canada.

Le seul acheteur possible

Il a aussi profité de cette entrevue pour répondre à ceux qui s’inquiètent d’une trop grande concentration de la presse advenant le passage des six quotidiens de Capitales Media dans le giron de Québecor.

«Honnêtement, c'est parce qu'ils ne connaissent rien [...] Mieux vaut plusieurs journaux sous une même entité que la disparition de certaines publications pour que puisse s'exprimer le pluralisme», a laissé tomber Pierre Karl Péladeau, qui estime que son entreprise est la seule à être capable de reprendre ces journaux.

Il est d’ailleurs très critique du gouvernement du Québec, qui a rejeté son offre et qui a accordé une aide d’urgence de cinq millions à Capitales Média afin que Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Voix de l’Est, Le Quotidien et La Tribune puissent survivre jusqu’en décembre.

«On ne peut pas vivre sur des aides publiques en permanence», a-t-il tranché.