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Une jeune Israélienne tuée dans une attaque près d’une colonie en Cisjordanie

Une jeune Israélienne tuée dans une attaque près d’une colonie en Cisjordanie
AFP

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Une jeune Israélienne a été tuée, et son père et son frère blessés, vendredi dans une rare attaque à la bombe artisanale en Cisjordanie, territoire palestinien occupé où l’essor des colonies juives est au coeur de vives tensions.  

Selon l’armée israélienne, l’ « attaque à la bombe artisanale » a eu lieu à proximité de la colonie juive de Dolev, au nord de Ramallah. Elle n’a pas été revendiquée. 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté ses condoléances à la famille et condamné une « attaque terroriste » contre Rina Shnerb, son père, le rabbin Eitan, et son frère Dvir, tous deux blessés et hospitalisés à Jérusalem.  

L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a lui dénoncé une attaque « odieuse » et « lâche ». « La terreur doit être condamnée sans équivoque par TOUS », a-t-il écrit sur Twitter.  

Le chef de l’armée israélienne Aviv Kochavi s’est rendu sur les lieux de l’attaque. Après avoir quadrillé le secteur, des militaires sont entrés dans la ville palestinienne voisine de Beitunia afin de récupérer des images de caméras de surveillance pour tenter d’identifier d’éventuels suspects.  

La présence des forces israéliennes a toutefois conduit à des accrochages avec des habitants qui ont lancé des pierres sur les militaires, selon un journaliste de l’AFP sur place. Aucun blessé n’a été signalé.  

Les funérailles de Rina Shnerb, 17 ans, ont eu lieu à Lod, ville en territoire israélien où réside sa famille.  

Son père hospitalisé n’a pu assister à la cérémonie mais a appelé les proches et les fidèles, dans un message livré par son oncle Eli Weissberg, à éviter « la haine et la dissension ».  

Une jeune Israélienne tuée dans une attaque près d’une colonie en Cisjordanie
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« Renforcer » les colonies

L’attaque intervient une semaine après une attaque à la voiture bélier ayant blessé deux jeunes israéliens à l’entrée d’une colonie juive en Cisjordanie et un peu plus de deux semaines après la mort d’un soldat israélien retrouvé poignardé près d’une colonie. 

Les groupes armés palestiniens du Jihad islamique et du Hamas n’avaient pas revendiqué le meurtre du soldat de 19 ans, mais l’avaient salué comme une réponse « légitime » et « normale » au développement des colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. 

Dans un discours vendredi, le chef du Hamas Ismaïl Haniya a loué l’attaque près de Dolev sans la revendiquer.  

Si la colonisation par Israël de la Cisjordanie de Jérusalem-Est s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion de M. Netanyahu et de son allié à Washington, Donald Trump. 

Aujourd’hui, plus de 600 000 Israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle auprès de trois millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. 

« Nous allons continuer à renforcer les implantations », a affirmé, après l’attaque, M. Netanyahu, actuellement en campagne pour les élections du 17 septembre. Il avait plus tôt cette année suggéré l’annexion de colonies juives en Cisjordanie.  

Incidents à Gaza

Au cours des derniers jours, les incidents se sont aussi multipliés dans la bande de Gaza, avec des tirs de roquettes, des tentatives d’infiltration en Israël et des frappes de représailles de l’armée israélienne. 

Vendredi, un Palestinien a lancé des grenades sur des soldats alors qu’il tentait de franchir la barrière de séparation et pénétrer en Israël. Il a été blessé dans la riposte israélienne, selon des responsables.  

Comme toutes les semaines depuis mars 2018, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés le long de la barrière pour réclamer notamment la levée du strict blocus israélien imposé depuis plus de dix ans à l’enclave palestinienne. 

Ces manifestations, généralement accompagnées de violences, sont moins importantes ces derniers mois depuis la conclusion, sous l’égide de l’Égypte et de l’ONU, d’une trêve entre Israël et le Hamas, qui se sont livrés trois guerres depuis 2008.  

Vendredi, certains manifestants tentaient de s’approcher de la barrière israélienne tandis que d’autres lançaient des pierres dans sa direction, selon un journaliste de l’AFP sur place.  

Selon le ministère de la Santé à Gaza, 122 Palestiniens ont été blessés dans des heurts avec les forces israéliennes et des dizaines ont été touchés par des tirs à balles réelles.  

Pour des analystes, M. Netanyahu veut éviter une escalade à Gaza avant les élections, mais les mouvements islamistes palestiniens, dont le Hamas au pouvoir à Gaza, cherchent à faire pression pour obtenir des concessions d’Israël.