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Une promesse oubliée

Air Canada ne parle plus de créer un centre pour l’A220

Calin Rovinescu, PDG d’Air Canada (à gauche), et son homologue de Bombardier, Alain Bellemare.
Photo d’archives Calin Rovinescu, PDG d’Air Canada (à gauche), et son homologue de Bombardier, Alain Bellemare.

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Alors qu’Air Canada se prépare à absorber Transat, tout indique que le « centre d’excellence » pour l’entretien des avions A220 promis en 2016 par le PDG du transporteur, Calin Rovinescu, ne verra pas le jour.

Le dirigeant avait fait cette promesse au moment de commander 45 appareils A220, alors connus sous le nom de Bombardier C Series.

Du même souffle, M. Rovinescu avait convaincu Québec de retirer la poursuite déposée contre Air Canada dans la foulée de la fermeture de l’entreprise de maintenance Aveos, en 2012.

Il avait aussi persuadé le gouvernement Trudeau d’adopter une loi pour délester Air Canada de ses obligations de conserver des centres d’entretien lourd à Montréal et à Winnipeg.

Air Canada n’a pas répondu au Journal hier. Mais dans un courriel envoyé en juin, la compagnie avait indiqué qu’elle entendait « faire réaliser les travaux de révision et d’entretien lourd des cellules de ces appareils au Québec par un fournisseur de services de maintenance reconnu, pour une période minimale de 20 ans ».

En 2016, Calin Rovinescu parlait plutôt d’« établir un centre d’excellence pour la maintenance des avions C Series au Québec ».

En faisant référence à un fournisseur « reconnu », Air Canada semble exclure le projet de création d’un nouveau centre d’entretien mené par Jean Poirier, un ancien travailleur d’Aveos.

À Trois-Rivières ?

Selon lui, Air Canada pourrait confier l’entretien lourd de ses A220 au géant américain AAR, qui exploite des installations à Trois-Rivières. En vertu d’un contrat de 500 M$ octroyé en 2017, AAR s’occupe déjà des appareils Embraer E190 et Airbus A319, A320 et A321 d’Air Canada.

« S’ils choisissent la voie facile, ils vont remplacer la flotte d’Embraer [chez AAR] et ils vont rentrer les A220 là-bas. Il n’y aura pas plus d’emplois au Québec. On ne progressera pas », déplore M. Poirier.

Air Canada a déjà décidé que l’entretien des moteurs de ses A220 allait être effectué par Pratt & Whitney aux États-Unis.

L’A220 doit faire son entrée chez Air Canada en janvier sur la liaison Montréal-Toronto. Le premier entretien lourd d’un avion a habituellement lieu deux ans après sa mise en service, soit au début de 2022 en l’occurrence.

Or, ce sera trop tôt pour le centre projeté par Jean Poirier. Celui-ci attend toujours une réponse de Québec à une demande d’aide financière de 1,5 M$ pour la mise sur pied d’un « bureau de projet » dont les travaux s’échelonneront sur près de deux ans.

Malgré tout, M. Poirier ne désespère pas qu’Air Canada embarque dans son projet. Il souligne qu’avec l’acquisition de Transat, la compagnie exploitera les trois gammes d’avions monocouloirs de nouvelle génération – l’A220, l’A320neo et le 737 MAX – qu’il a dans sa mire pour son centre.