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Vente d’Air Transat: une vente sans garanties

Air Canada n’a pas à maintenir le siège social au Québec

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Malgré les belles promesses d’Air Canada, rien dans les documents légaux liés à la vente de Transat ne l’oblige à conserver un siège social à Montréal ou encore à préserver la marque québécoise, a reconnu vendredi le PDG de Transat, Jean-Marc Eustache.

Plusieurs actionnaires, et pas les moindres, continuent d’avoir d’importantes inquiétudes à ce sujet.

Tant la Caisse de dépôt et placement que le Fonds de solidarité FTQ ont émis de sérieux doutes vendredi concernant les engagements d’Air Canada envers le maintien de la marque Transat et des emplois et du siège social de Transat au Québec. La détérioration possible des services en français a aussi été évoquée.

Le Fonds de solidarité FTQ a dit avoir « fait part à Air Canada, à plusieurs occasions, de ses préoccupations concernant différents aspects de la transaction ».

Les « intentions » d’Air Canada « sont un pas dans la bonne direction, mais doivent se traduire en gestes concrets et durables », insiste la direction du Fonds.

Dans une lettre acheminée lundi à Air Canada, la Caisse exprime pour sa part des inquiétudes concernant le « peu de détails » communiqués sur le maintien de l’expertise d’Air Transat au Québec.

« Air Canada devrait indiquer clairement son engagement », tonne la première vice-présidente aux affaires juridiques de la Caisse, Kim Thomassin.

Face aux pressions, le PDG d’Air Canada Calin Rovinescu a pris l’engagement moral de conserver les marques de Transat et sa direction à Montréal même si rien ne l’y oblige. 
Photo Chantal Poirier
Face aux pressions, le PDG d’Air Canada Calin Rovinescu a pris l’engagement moral de conserver les marques de Transat et sa direction à Montréal même si rien ne l’y oblige. 

Promesses brisées

Si la marque Transat disparaît un jour, Air Canada n’en serait pas à ses premières promesses brisées du genre.

Dans la foulée de la fermeture de l’entreprise d’entretien Aveos, en 2012, le PDG d’Air Canada avait convaincu le gouvernement du Québec d’abandonner sa poursuite contre la société aérienne en échange de la construction d’un « centre d’excellence » pour l’entretien des avions A220. Or, celui-ci n’a toujours pas vu le jour, et rien n’indique que cela soit sur le point de changer.

Le premier ministre François Legault, qui a participé à la fondation d’Air Transat, n’a pas souhaité réagir. Mais contrairement à la Caisse, son gouvernement ne semble pas s’inquiéter de l’absence de garanties légales au sujet du Québec.

« Air Canada s’est engagée à maintenir la marque et le siège social », a répété le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon.

– Avec la collaboration de Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire