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Les cégeps tirent la sonnette d’alarme

La pénurie de main-d’œuvre les inquiète

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 Les cégeps tirent la sonnette d’alarme : la pénurie de main-d’œuvre menace la vitalité économique du Québec et les collèges veulent faire partie de la solution, alors que le nombre d’étudiants est en baisse cet automne dans le réseau collégial. 

 Cette diminution de 0,8 % des inscriptions cet automne n’est pas une surprise, puisqu’elle suit les prévisions démographiques. 

 Il ne s’agit toutefois pas d’une bonne nouvelle dans un contexte où le Québec manque cruellement de travailleurs qualifiés, affirme Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps. « On est inquiet pour l’avenir du Québec », lance-t-il. 

 Chantier proposé 

 Pour remédier à la situation, les cégeps ont entamé un vaste chantier afin d’identifier des moyens pour augmenter leur taux de diplomation, comme le rapportait Le Journal un peu plus tôt cette semaine. 

 Recruter davantage d’étudiants étrangers dans le réseau collégial afin qu’ils intègrent par la suite le marché du travail fait aussi partie de la solution, affirme M. Tremblay. 

 « C’est une clé qu’on sous-utilise au Québec de façon honteuse », dit-il. 

 Le taux de rétention des étudiants de l’île de la Réunion, qui étudient dans cinq cégeps de la province grâce à une entente avec ce département français, est de 70 %, selon la Fédération des cégeps. Ce type d’entente, qui permet d’accueillir environ 140 étudiants réunionnais, devrait être davantage répandue, affirme M. Tremblay. 

 Angle mort 

 Mais une autre avenue doit aussi être davantage développée, si le Québec veut rester dans la course, ajoute-t-il : le rehaussement des compétences des personnes sur le marché du travail. 

 « C’est l’angle mort dans le rétroviseur », lance M. Tremblay. 

 « Si on ne s’en occupe pas, les compétences de nos gens vont être dépassées. On a un système périmé, désuet, qui doit être revu pour renforcer la formation en cours d’emploi, à défaut de quoi on va passer à côté du virage technologie et de la 4e révolution industrielle. Tous les signaux sont clairs là-dessus », poursuit-il. 

 La solution passe par une refonte des obligations des entreprises en matière de formation, allant au-delà du 1 % de la masse salariale qui doit être consacré à la formation du personnel, comme c’est le cas présentement, selon la Fédération des cégeps. « C’est la clé », affirme M. Tremblay. 

 Il faut « forcer les entreprises à investir » dans des formations pertinentes qui permettent un réel rehaussement des compétences, tout en accompagnant les travailleurs pour les inciter à y participer, grâce à des incitatifs fiscaux, avance la Fédération. 

 Les cégeps réclament par ailleurs « plus de souplesse » afin de pouvoir offrir davantage de formation en milieu de travail. « Il faut qu’on nous donne les leviers pour être capable d’aller en entreprise », précise M. Tremblay.