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Vampires d’hier et d’aujourd’hui

Mickaël Koudero
Photo courtoisie, Éditions Hugo et Cie Mickaël Koudero

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Scénariste et romancier, le Montréalais Mickaël Koudero s’est inspiré des affres du comte Dracula, des dérapages du régime totalitaire en Roumanie et des vampires contemporains pour créer un deuxième thriller fascinant, dérangeant et vraiment glaçant : La faim et la soif.

En 1989, le peuple roumain a pris les armes pour renverser le régime tyrannique de Nicolae Ceausescu. En 2015, à Paris, une jeune femme s’est mutilée à mort chez elle, laissant une note dans son appartement aux allures de chapelle : Nosferatu. Un mot qui fait référence au diable, aux vampires.

Quelques mois auparavant, les autorités avaient fait face à un autre crime étrange : un jeune sans-papiers roumain a été retrouvé mutilé, vidé de son sang, dans un stationnement.

Pour Raphaël Bertignac, ancien journaliste d’enquête, les deux sordides affaires sont certainement liées. Mais de quelle manière ? De Paris à Prague, puis jusqu’au fin fond de la Roumanie, il ne s’arrêtera pas avant d’avoir trouvé.

<b><i>La faim et la soif</i></b><br/>
Mickaël Koudero<br/>
Éditions Hugo et Cie<br/>
512 pages environ
Photo courtoisie, Éditions Hugo et Cie
La faim et la soif
Mickaël Koudero
Éditions Hugo et Cie
512 pages environ

« Références aux légendes »

Mickaël Koudero, scénariste de métier, s’est documenté sur le mythe de Nosferatu et la légende de Dracula, entre autres, pour écrire son deuxième thriller.

« J’aime les histoires où on apprend des choses, où il y a beaucoup de références aux légendes. Ce qui me plaisait, c’était de mélanger le thriller avec de l’horreur et du fantastique », explique-t-il, en entrevue.

En regardant un documentaire sur la Roumanie qui parlait aussi de Dracula et du vampirisme, Mickaël Koudero trouvait qu’il y avait là matière intéressante.

« J’avais envie depuis longtemps de parler des vampires, mais je ne trouvais pas le sujet pour le faire. Tout a découlé : je me suis demandé ce qui restait de la dictature de Ceausescu, de la Securitate et de la police de Ceausescu, et ce qui restait de toutes ces monstruosités.

« Je me suis énormément documenté sur le principe de la peur. Et j’ai découvert que Ceausescu était considéré comme un vampire par les Roumains. Moi qui voulais parler des vampires depuis longtemps, j’avais là une idée de départ... », ajoute-t-il.

Une culture de la peur dans les Carpates, présente depuis des siècles ? « Ce qui m’a terrifié, c’est qu’il a vampirisé les esprits par les mots, par les actes. Vlad a donné naissance au Dracula de Bram Stoker. Ce que je trouvais le plus surprenant, c’est que les deux Roumains les plus connus au monde soient considérés par leur peuple comme des vampires. C’est assez bizarre ! »

Il va plus loin encore et les vampires contemporains qu’il décrit – des groupuscules qui se réunissent pour vrai à New York, par exemple – donnent froid dans le dos.

Une quête

Raphaël Bertignac, son héros, est un bourreau de travail qui a une faille : il a perdu son emploi et vit une espèce de morosité dans sa vie de tous les jours.

« Il n’a pas l’impression de vivre. Il survit plus qu’autre chose. Il s’est trouvé une petite job : nettoyer les scènes de crime. Quand il va découvrir le mot “Nosferatu” sur une scène de crime, ça va lui faire un électrochoc et lui donner l’envie de redevenir le journaliste qu’il était. Il a une quête personnelle, au-delà de l’enquête. »


♦ Mickaël Koudero est originaire de Mâcon, en France, et vit maintenant à Montréal.

♦ Il est scénariste et romancier.

♦ Son premier thriller, Des visages et des morts, s’est vendu à plusieurs milliers d’exemplaires en autoédition puis aux Éditions de Mortagne.