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Agression dans Charlevoix: un «crime haineux» qui ne surprend pas le milieu LGBT

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L’attaque d’un designer montréalais à la sortie d’un bar de La Malbaie, dans Charlevoix, présumément en raison de son orientation sexuelle, ne surprend pas certains acteurs du milieu LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et trans).

«Ça fait partie, encore, d’une réalité dans les communautés LGBT», témoigne Jasmin Roy, dont la fondation travaille à lutter contre la violence, l’intimidation et la discrimination.

Pour sa part, le vice-président de Fierté Montréal, Jean-Sébastien Boudreau, se désole de devoir encore dénoncer des attaques visant les gens de sa communauté.

«Je trouve ça très triste d’avoir à [dénoncer] ça, au Canada, au Québec, en 2019. Ça démontre qu’on a encore besoin de faire de l’éducation, de démystifier l’homosexualité, les personnes trans, les minorités. Les droits LGBT sont des droits [de la personne], et les droits [de la personne] sont des droits fragiles. Si on ne se tient pas debout, si on ne continue pas à travailler pour ça, on fait du recul», a-t-il affirmé.

«Crime haineux»

Pour lui, l’agression dont a été victime Markantoine Lynch-Boisvert, bien connu pour les vêtements MARKANTOINE, est tout simplement un «crime haineux».

«Quand on a des commentaires homophobes avant de commencer à taper sur quelqu’un, ce n’est pas juste des voies de fait, c’est un crime haineux, estime-t-il. Il faut que ce soit traité de cette façon-là. C’est important de dénoncer ce genre de crime.»

Ce type d’agression est pour Julie Dubois, directrice de l’Alliance Arc-en-ciel à Québec, un rappel qu’il ne faut jamais baisser les bras.

«Je me fais souvent demander: “Pourquoi des Fiertés? Pourquoi encore en parler?” Malheureusement, c’est encore la preuve qu’il faut continuer d’en parler. C’est tragique et c’est inadmissible. Il faut continuer la lutte», a-t-elle expliqué.

Craintes de dénoncer

Pour les victimes d’actes homophobes violents, il est parfois difficile de dénoncer à la police les gestes subis, en raison des répercussions que le processus pourrait avoir dans la vie personnelle, notamment une «sortie du placard» forcée.

«On va se retrouver sur la place publique; peut-être que notre famille, notre milieu de travail, n’est pas au courant de notre orientation sexuelle, a mentionné Jasmin Roy. Là, on va être confronté à tout ça en même temps.»

Selon M. Boudreau, l’anonymat que procurent les réseaux sociaux, où des déclarations homophobes restent bien souvent impunies, laisse penser à certains que de tels gestes dans la rue n’entraîneront pas de conséquences.

«Pour chaque crime qui est dénoncé, il y en a certainement quelques-uns qui ne le sont pas parce que les gens n’osent pas le faire, parce qu’ils sont encore dans le placard, parce qu’ils vivent dans une petite communauté et ne veulent pas aller dans le processus judiciaire», a-t-il souligné.