/weekend
Navigation

Enlevé par les anges

WE 0824 ROMAN D'ICI 
L’enlèvement
Photo courtoisie L’enlèvement
Damien Blass, Triptyque
144 pages, 2019

Coup d'oeil sur cet article

On lit L’enlèvement comme on suit un film tant on visualise sans peine ce que Damien Blass nous raconte, même le plus bizarre ! Une belle manière de renouveler les histoires de soucoupes volantes.

Damien Blass est un passionné de science-fiction, de fantastique, de surnaturel et de mystères, nous dit la note de l’éditeur. Son premier roman, L’enlèvement, en témoigne d’abondance !

En même temps, il a recours à des références qui nous sont familières : les ovnis, les sectes, les envolées religieuses qui font parler les fidèles « en langues », et les énergiques pasteurs qui manipulent tout ça. De quoi nous tenir en haleine d’un bout à l’autre de ce court récit.

Celui-ci a pour héros un jeune adolescent, André Lépine, dont les parents, Robert et Sarah, ont décidé de joindre les rangs de l’Église du Souffle, une communauté chrétienne qui se réunit dans une zone industrielle, sous un toit en pyramide. Mille voitures s’y pressent lors des rassemblements.

André, souffre-douleur d’une mère qui en fait n’est pas la sienne, n’a d’autre choix que de suivre. Il y fera la connaissance de Dorothée, la fille du pasteur, déroutante, diaphane, maléfique.

Sarah, elle, est prête à tout pour avoir un enfant à elle, et elle compte sur sa nouvelle communauté d’attache pour l’aider – ce qui mène à une bien curieuse cérémonie.

Puis, il y aura la disparition d’André, par un soir où de drôles de lumières brillent en losange au-dessus de chez lui, là où la frontière se fait indéfinie entre la campagne et la banlieue.

Curieux losange

Quand l’adolescent revient sur terre, il ne peut raconter en détail ce qui lui est arrivé, mais il porte une curieuse marque à la jambe. En losange.

Quant à Dieu auquel il croyait si fort, il n’en a pas vu la trace. Pas plus que celle du diable d’ailleurs. Ce sont d’autres êtres qui l’ont enlevé, de ceux « à qui ­aucune prière ne pouvait être adressée ».

Mais il a une mission à accomplir, que le pasteur lui révélera. Et sa tâche sera d’autant plus facilitée que dans l’Église du Souffle, il est désormais vu comme le ­Sauveur puisque les anges l’ont enlevé. Son cas ­intéresse les psys aussi...

L’auteur maîtrise bien son scénario : on est accroché par le ton et les descriptions. Le rythme du livre est sans faille. Surtout, l’auteur connaît vraiment la Bible et l’utilise avec habileté dans son récit.

Il faut dire que s’il s’agit pour lui d’un premier roman, l’univers de la création lui est familier. Blass a déjà signé des chansons, des sketches, et contribué à des pièces de théâtre, des comédies musicales... Il sait donc aller à l’essentiel pour capter l’attention.

Il y réussit d’autant mieux que les événements dont il parle prennent vie chez « des gens ordinaires, des familles dans leur meilleur apparat ». Le surnaturel qui se glisse parmi eux n’en devient que plus sinistre, jusqu’à la ­dernière page.